Un peu susceptible, Cyril Hanouna. Il suffisait d’un entretien avec Rima Abdul-Malak, ministre de la Culture, accordé au Monde en début de semaine, afin que l’hôte de Touche pas à mon poste (TPMP), sur C8, se détache et se lance dans une véritable croisade contre l’audiovisuel public. Pourtant, dans ses réponses au journal, la ministre ne fait que rappeler les règles qui régissent le secteur audiovisuel. « Il faut responsabiliser les animateurs, les chroniqueurs, mais aussi les propriétaires de chaînes, pour leur rappeler que la libre utilisation de leurs fréquences s’accompagne d’obligations », elle explique. Ainsi, l’accord qui lie C8 à Arcom, institution qui alloue les fréquences et réglemente les médias audiovisuels en France, oblige notamment la chaîne à assurer le pluralisme d’opinion, à ne pas encourager les comportements discriminatoires ou à faire preuve de retenue face à des images ou des témoignages sensibles. .
Le message du ministre est clair : Hanouna n’est pas intouchable
Autant de principes sur lesquels Hanouna s’assoit allègrement, lorsqu’il se fait le relais privilégié de l’extrême droite, appelle à une justice expéditive dans l’affaire Lola, ou lorsqu’il insulte copieusement le député Louis Boyard pour défendre son patron. Vincent Bolloré. Mais les raisons de la colère d’Hanouna sont ailleurs. Plus tard dans son interview, Rima Abdul-Malak durcit le ton, évoque la situation de C8 et CNews, et laisse entendre que les règles Arcom pourraient enfin être appliquées à la lettre : « Lorsque nous arriverons, en 2025, au moment de l’analyse de leur bilan pour le renouvellement de leurs autorisations de diffusion, Arcom pourra regarder comment ils ont respecté ces obligations. » C’est la première fois qu’un membre du gouvernement évoque la possibilité d’un non-renouvellement du droit d’émission de ces chaînes. Le message est clair : Hanouna n’est pas intouchable, il est soumis à des règles, et peut donc être éjecté s’il ne les respecte pas.
« En 2025, Arcom pourra observer comment ces chaînes ont rempli leurs obligations. » Rima Abdul-Malak, ministre de la Culture
Alors, fébrile, il rétorque, dans son émission du 16 janvier : « J’ai vu le ministre qui parlait là-bas. Qu’elle vienne ici et qu’elle nous parle. J’aimerais avoir sa réponse sur les 4 milliards d’euros. Ces 4, soit plus exactement 3,8 milliards d’euros, constituent le budget alloué à l’audiovisuel public pour 2023. Devant sa cour de chroniqueurs, qui ne bronche pas, il bouillonne et se lance dans une grande tirade : « Nous donnons 4 milliards d’euros par an à France Télévisions et Radio France. (…) C’est notre oseille ! (…) Privatisez-moi ça ! Évidemment (et heureusement), la séquence fait polémique. Déjà, car qui est-il, ce Cyril Hanouna, pour remettre en cause la légitimité de ces radios et chaînes de…
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