La situation des routes à Douala, le poumon économique du Cameroun, demeure un défi majeur pour la Communauté urbaine de Douala (CUD). Sur les 700 kilomètres de routes bitumées que compte la ville, plus de 30% sont en état de délabrement avancé, selon les révélations de Roger Tchangang Kamnang, directeur des grands travaux de la CUD. Face à cette réalité, la municipalité est confrontée à un dilemme financier : le coût de réhabilitation des routes dépasse de loin son budget annuel.
Avec un budget annuel de 60 milliards de FCFA, la CUD estime à 180 milliards de FCFA le montant nécessaire pour restaurer les 225 kilomètres de routes les plus dégradées. Pour pallier cette lacune financière, la municipalité a pris une décision stratégique : concentrer ses ressources sur la réhabilitation de 125 kilomètres de routes critiques, représentant un investissement prévisionnel de 80 milliards de FCFA.
Malgré ces défis financiers, des progrès significatifs ont été réalisés. En effet, pour l’année 2024, des travaux de réhabilitation sont en cours dans les cinq arrondissements de la ville, couvrant une distance totale de 35 kilomètres. Ces projets, supervisés par la CUD, impliquent à la fois des travaux en régie et des contrats avec des entreprises de BTP sélectionnées à travers des appels d’offres rigoureux. Les matériaux utilisés, tels que le béton bitumineux et le pavé, sont choisis pour leur robustesse et leur durabilité, visant à garantir une meilleure résistance aux chocs et une longévité accrue des routes réhabilitées.
Ces efforts de réhabilitation s’inscrivent dans le cadre d’un programme quinquennal initié par le maire Roger Mbassa Ndine, élu il y a deux ans. Ce programme vise à restaurer l’image de Douala, dont les routes ont subi des décennies de dégradation. Toutefois, ces travaux ne sont pas sans conséquences pour les habitants de la ville, qui expriment leur frustration face aux désagréments causés par les chantiers, notamment en l’absence de voies de contournement adéquates.
Pour assurer un entretien à long terme des infrastructures routières, la CUD a mis en place il y a trois ans une Régie autonome des routes et des constructions (2RC). Malgré les fonds disponibles depuis plus de deux ans pour son équipement, la régie n’est toujours pas opérationnelle, suscitant des interrogations quant à sa capacité à remplir sa mission efficacement.
En somme, bien que des progrès aient été réalisés dans la réhabilitation des routes à Douala, les défis financiers et opérationnels persistent. Néanmoins, ces initiatives témoignent de la volonté des autorités locales de faire face à cette problématique cruciale pour l’amélioration de la mobilité urbaine et le développement économique de la région.
Cet article propose un aperçu de la situation actuelle de la réhabilitation des routes à Douala, mettant en lumière les défis rencontrés par la Communauté urbaine de Douala (CUD) et les mesures prises pour y remédier.







