Les déchets commencent au terre-plein central de la chaussée du quartier Brazzaville, arrondissement Douala 3. Un tour dans cette zone révèle peu à peu un défi environnemental alarmant.
« Nous sommes dépassés par cette situation. A chaque fois, c’est nous qui essayons de nettoyer notre environnement immédiat. Nous essayons même de nous habituer à le voir », explique le propriétaire d’une quincaillerie au bord de la route.
A quelques mètres de là, un collège où des débris de plastique et autres déchets sont éparpillés à l’extérieur, emportés par le vent.
« Ce sont des déchets que les ménages accumulent quotidiennement… les odeurs sont nauséabondes. L’entreprise d’hygiène et d’assainissement est censée les nettoyer au moins toutes les 48 heures », explique l’homme à l’entrée du collège.
Sur environ un kilomètre, les déchets s’étendent le long de cette portion de la route, se poursuivant jusqu’au quartier Dakar, autre partie de cet arrondissement. Des poubelles vides sont abandonnées à côté des ordures qui débordent.
« Hysacam est passé ici avec un camion ce matin, et comme les poubelles avaient débordé des poubelles, ils ont vidé seulement ce qu’il y avait à l’arrière et sont partis », explique un habitant.
Plus loin à Bepanda, les déchets s’accrochent aux murs d’un collège du quartier et débordent sur les bords des caniveaux, exposant un environnement délaissé.
« Les gens viennent de loin pour jeter leurs saletés ici. Ils les mettent dans des camions, et quelqu’un est payé pour les pousser ici », ajoute Marie, une habitante plus âgée, qui a fréquenté l’école, notant que la situation s’est dégradée récemment.
Dans le quartier de Ndogsimbi, le problème persistant reste visible, laissant les habitants du quartier peiner à comprendre sa récurrence. « Dans chaque grand quartier, on retrouve des ordures. Et quand le vent souffle, l’odeur est insupportable », déplore un habitant du quartier.
Ceux qui vivent le long des routes souffrent encore plus de l’impact des déchets. Les accidents se produisent souvent sur ces routes, parfois presque coupées par les déchets.
« On ne peut pas respirer, on ne peut pas respirer. « L’environnement est pollué. Quand je m’assois pour manger, les mouches entrent dans la nourriture », explique une jeune mère de deux enfants, qui lutte pour chasser les mouches de son assiette de riz.
La population locale propose sans cesse des solutions, notamment l’augmentation de la fréquence de collecte des déchets, l’ajout de poubelles et l’amélioration de la civilité entre les habitants, dans l’espoir d’une amélioration.
Le débordement des déchets à Douala met en évidence des risques sanitaires importants. Sans solutions permanentes, la situation risque de s’aggraver, affectant la qualité de vie d’innombrables personnes.







