Lors d’un conseil d’administration extraordinaire, tenu le 26 juin 2023 à Yaoundé, le Marocain Amine Homman Ludiye a été nommé au poste de directeur général d’Eneo, « suite à la démission de M. Patrick Eeckelers », annonce sobrement un communiqué de l’électricien contrôlé par le fonds d’investissement britannique Actis (51%).
Cette démission, qui intervient après 18 mois passés à la tête du distributeur exclusif de l’électricité dans le pays, ne surprend pas ceux qui suivent de près l’actualité au sein de cette entreprise. Il faut dire que le mandat de l’électromécanicien de nationalité belge a été électrique.
Une arrestation mal digérée
En effet, quelques mois seulement après sa prise de fonction en avril 2022, Patrick Eeckelers, qui a notamment la maitrise des charges de fonctionnement comme objectif, engage une réorganisation de l’entreprise. Le 7 juin 2022, il dissout l’inspection général jugée budgétivore et place la lutte contre les barons de la fraude sous la supervision de la direction adjointe de la sûreté.
Cette décision engendre des tensions sur fond de bataille de positionnement. Le 17 août 2022, Patrick Eeckelers est même arrêté et auditionné pendant près de deux heures à la direction de la Police judiciaire de Yaoundé, avant d’être relâché. Ce qu’il vit, confient certains de ses collaborateurs, comme la pire humiliation de sa vie.
Lors du conseil d’administration qui se tient le 23 novembre 2022, le directeur général est « encouragé à poursuivre avec le chantier engagé de la réorganisation de l’entreprise, pour répondre le plus efficacement possible aux enjeux de notre ambitieux plan opérationnel », peut-on lire dans la note produite à l’attention du personnel au terme du conseil.
Ses ajustements organisationnels sont adoptés. Le secrétariat général, d’où il est convaincu qu’une partie de la fronde contre lui est orchestrée, est dissout et les unités tarification et régularisation, stratégie, contrôle interne et reporting lui sont directement rattachées.
Amine Hommane atteint le graal
Mais, ce soutien du conseil d’administration n’est pas assez pour redonner confiance au Belge. Craignant pour sa sécurité, ce dernier se mure… Une attitude renforcée par le fait que les auteurs de son arrestation qu’il juge arbitraire n’ont pas été inquiété. « Cette affaire l’a mis KO », confesse un de ses collaborateurs.
Pour comprendre à quel point l’ancien employé d’Électricité de France (EDF) a été affecté, il faut savoir qu’il n’a pas passé une nuit de plus au Cameroun après avoir présenté sa démission au conseil d’administration.
Pour le remplacer, le conseil d’administration a jeté son dévolu sur Amine Hommane Ludiye. Au plus fort de la crise à Eneo, ce dernier avait été cité parmi les ambitieux impatients de prendre la tête de l’entreprise. Sa… […]Lire la suite







