Cameroun Actuel

Dgi : les mystères d’un cambriolage parfait

L’opinion s’interroge sur les contours d’une mise à sac d’une tour hyper sécurisée.

Le ministre en charge des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, a promptement réagi, hier, au cambriolage survenu dans la nuit de lundi à mardi dans la tour abritant la Direction générale des impôts (Dgi) à Yaoundé. Dans un communiqué de l’argentier national, «les enquêtes d’usage ont été ouvertes par les services de la gendarmerie et de la police sous la supervision de monsieur le procureur de la République et permettront de clarifier les circonstances de ce cambriolage et d’en identifier les autres».

Dans l’intervalle, le Minfi tient à rassurer l’ensemble des contribuables que l’administration fiscale, dont le quartier général est situé à l’avenue Foch, continuera à délivrer les services auxquelles ils ont droit sans perturbation majeure. Il s’agit d’une démarche normale, s’agissant d’un Coup de cette ampleur et susceptible d’affoler les usagers.

Mais on n’en dira pas autant concernant ce casse, trop parfait pour être banal. La nouvelle tour de la Dgi, inaugurée le 27 novembre 2020, a été saccagée du rez-de-chaussée au 11ème et dernier palier. Selon des indiscrétions, les visiteurs nocturnes ont passé quasiment tous les bureaux au peigne fin. Autrement dit, ils ont pris leur temps pour soit retrouver un document, soit de l’argent, ou alors pour saboter le système informatique.

Trop parfait. Mais la thèse d’un banal fait divers passe mal, auprès de l’opinion publique. Construit par la China First Highway Engineering Company (Cfhec), cet écrin architectural offre toutes les fonctionnalités et normes technologiques des buildings ultramodernes de par le monde. Le complexe, bâti sur une superficie de 19 821m2, est constitué d’un bâtiment central de type R+ll et trois sous-sols rattachés, via une galerie, à un bâtiment annexe de type R+4 avec trois sous-sols.

Au plan de la sécurité, tous les accès au joyau sont contrôlés par un dispositif électronique. Personne, de l’agent de bureau au Dg Mopa Fatoing, ne peut y accéder s’il ne dispose d’un «pass» magnétique. De même, à tous les niveaux, les mouvements sont, enregistrés par des dizaines de caméras de surveillance.

S’agissant de l’environnement, les accès externes sont, de jour comme de nuit, filtrés par des éléments de la police. Sans oublier que, juste en face, une autre garde armée (des militaires) veille sur les services centraux du ministère des Marchés publics (Minmap). Comment, dans ces conditions, peut-on évoquer un banal cambriolage, dans ce haut lieu bourré d’électronique et cerné par des forces de sécurité ?

Ombrage. Si l’on peut supposer que les malfrats ont été infiltrés dans la maison avant la fermeture des bureaux, le remue-ménage aura, à coup sûr,-laissé des traces dans les caméras de surveillance. A supposer que le verrouillage électronique ait été intentionnellement désactivé, les dispositifs modernes de traçage devraient également permettre de remonter le circuit de sécurité.

En tout état de cause, si, par le passé, des faits du même acabit se sont produits dans des locaux relativement vieillots, ne garantissant pas toutes les conditions de sécurité, avec le casse trop parfait de la Dgi, les enquêtes ouvertes devraient être facilitées par les technologies modernes. L’on devine que les experts en la matière s’affairent déjà à démêler 1,’écheveau, et que les conclusions des investigations viendront balayer les soupçons de tentative de destructions de documents compromettants.

Info Matin

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