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Dernier inventaire pour horizon bleu

Nous voyons des constructions partout. La friche de Balsan, au cœur de Châteauroux (Indre), continue de se transformer. Le site de cette immense usine, qui a marqué la ville et l’histoire de France en produisant des draps bleu horizon pour les uniformes des soldats en 14-18, se reconvertit peu à peu. Dans ces moments de transition, après la grande histoire industrielle et avant le présent valorisé, les lieux n’attirent pas beaucoup l’attention, en général. Les photographes enregistrent ensuite cet entre-deux. C’est ce que vient de faire Olivier Chantôme dans un volume qui mêle clichés et récits (1).

Ses ancêtres travaillaient comme ouvriers à l’usine. Enfant dans les années 1990, il s’amusait dans les vestiges de ce monde lentement disparu. « Du samedi au samedi, nous nous sommes retrouvés dans ce vaste univers où le végétal se mêlait aux éléments industriels. « Lorsque certains bâtiments ont été détruits « une partie de (son) enfance (…) était en morceaux ». Et puis, devenu adulte, il s’est interrogé sur les lieux, sur ce qu’ils pouvaient encore dire. Il les a parcourus, les a pensés et les a photographiés.

Lorsqu’il m’a demandé une postface à son livre, j’ai imaginé le site à différents moments en le suivant, essayant de spatialiser son histoire et les photos. Parce que, Balsan, c’est toute une histoire. Au XVIIIe siècle, l’administration y installa une manufacture royale de draps, dont il reste encore les bâtiments, pour l’instant abandonnés, avec un bel insigne indiquant « 1752 ». Le lieu est repris, après d’autres, par la famille Balsan, qui y construit une usine dans les années 1860, y développe la fabrication de draps – quatre millions de mètres linéaires d’horizon bleu par an entre 1915 et 1918 -, puis se diversifie, jusqu’à la revers des années 1970. L’entreprise est vendue à Bidermann, avant d’être démantelée ; le site s’était déjà morcelé progressivement, Balsan donnant des bâtiments à diverses activités, puis tout s’arrêta.

Après avoir tant imaginé les lieux, de loin, je m’y suis enfin promené avec Chantôme, il y a dix jours. Nous avons, chemin faisant, relu le livre en quelque sorte, retracé son parcours, repensé l’histoire de Balsan. Avec les travaux, il a fallu un peu de ruse pour le visiter entièrement. Car ce qui fascine encore aujourd’hui, et pour peu de temps, c’est l’enchevêtrement des temporalités. Il y a des zones complètement fermées qui semblent abandonnées, dans la dissidence ; d’autres en rénovation, donc avec des ouvriers au travail, comme les belles maisons d’ingénieurs et de cadres, puis d’anciens bâtiments devenus tout autre chose, tout en gardant les murs, traces de Balsan, donc cette ville-campus numérique (2018-2021 ). Et puis il y a le krach, le nouveau qui a remplacé l’ancien : ici, Balsan’éo, un complexe aquatique ouvert en 2021 qui a pris…

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