Cameroun Actuel

Décès de Jean-Pierre Kedi, ancien directeur général de l’ARSEL : retour sur son parcours et son impact dans le secteur de l’électricité au Cameroun

Le samedi 13 janvier dernier, le Cameroun perdait un acteur majeur du secteur de l’électricité, Jean-Pierre Kedi, décédé tragiquement dans un accident de la circulation à Balamba, sa localité d’origine dans le Mbam et Inoubou (Centre). Ancien directeur général de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (ARSEL), son départ avait été marqué par une démission surprenante en juin 2019.

La nouvelle de son décès a ravivé le souvenir de cet homme décrit comme l’une des « plus belles mécaniques intellectuelles » du Mbam et Inoubou par le député Peter William Mandio. Mais que s’est-il passé en 2019 pour conduire à cette démission inattendue ? Jean-Pierre Kedi était confronté à l’application rigide d’une nouvelle législation fixant les mandats des directeurs généraux des sociétés publiques à neuf ans, renouvelables éventuellement deux fois. Ayant dirigé l’ARSEL depuis septembre 2010, il se conformait à la nouvelle loi en démissionnant en 2019.

Son départ a marqué une période de transition et d’ajustements dans le secteur. Paul Biya, alors président, a rapidement nommé Jean Pascal Nkou comme son remplaçant, sans laisser à Jean-Pierre Kedi le temps de liquider la période transitoire qu’il avait lui-même fixée. Cette situation a été perçue comme une réaction du président à la démission de Jean-Pierre Kedi, une décision qu’il a prise dans le respect strict de la loi, suscitant des débats sur la non-rétroactivité des lois de 2017.

Ingénieur électromécanicien diplômé de l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé, Jean-Pierre Kedi a bâti sa carrière au sein du ministère du Plan, grimpant tous les échelons jusqu’au poste d’inspecteur général des services. Son passage à l’ARSEL, de 2010 à 2019, a coïncidé avec une relance des investissements dans le secteur de l’électricité.

Parmi ses actions notables figure le lancement du Forum international de l’électricité (Finelec) en 2011, un événement visant à promouvoir le développement du secteur de l’électricité au Cameroun. Il a également gelé les tarifs de l’électricité aux ménages en 2014, infligeant des pénalités au concessionnaire du service public de l’électricité pour la qualité approximative du service.

Jean-Pierre Kedi avait une vision ambitieuse pour le secteur de l’électricité, encourageant la production locale d’énergie à travers des projets de micro-hydroélectricité dans chaque commune. Il a contribué de manière significative à la séparation des activités de production, de transport et de distribution d’énergie au Cameroun, édictée par la loi de décembre 2014.

Son décès a été ressenti comme une perte pour le pays et le secteur de l’électricité, laissant derrière lui un héritage marqué par son professionnalisme, son engagement et sa contribution au développement du secteur énergétique camerounais.

Cameroun Actuel
Me suivre

Laisser un commentaire

Dernières nouvelles

Suivez-nous !

Lire aussi

Activer les Notifications OK Non Merci