Cameroun Actuel

Crise anglophone : l’Onu préoccupée par la situation sécuritaire

Un rapport du secrétaire général condamne les exactions perpétrées par les séparatistes et invite le gouvernement du Cameroun à privilégier le dialogue inclusif et la réconciliation.

La situation sécuritaire et politique dans le monde et en Afrique centrale en particulier inquiète au plus haut point l’organisation des nations unies (Onu). Dans un rapport de 19 pages publié le 1er juin 2021, le Secrétaire général, Antonio Guterres, dresse un sombre tableau des instabilités qui plombent la sérénité au Cameroun sur le plan politique, sécuritaire (Boko-Haram et la crise dans le Nord-Ouest et du Sud-Ouest) et humanitaire.

Sur le plan politique, le secrétaire général salue les mesures prises en faveur de la décentralisation, en application des, recommandations issues du grand dialogue national en organisant les élections régionales, le 6 décembre 2020. Antonio Guterres relève pour le regretter qu’« aucun progrès n‘a été accompli au Cameroun, pour poursuivre le dialogue politique engagé en vue de parvenir à une solution durable à la situation troublée qui règne dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ».

La violence dans ces deux régions continue de semer la désolation : « les attaques lancées par des groupes armés séparatistes contre des agents de l’État, des chefs traditionnels et des membres du personnel scolaire se sont multipliées à l’approche des élections régionales, se poursuivant depuis lors par l’utilisation, notamment, d’engins explosifs improvisés ».

Le 5 janvier 2021, lit-on dans le rapport, des groupes armés non étatiques ont attaqué le convoi du préfet du département de la Momo, dans la région du Nord-Ouest, tuant cinq membres de sa délégation1: Le 9 janvier soit 4 jours plus tard, des sécessionnistes armés ont attaqué un poste de contrôle militaire à Matazem, dans la région du Nord-Ouest, tuant quatre militaires et deux civils. A la même date, des séparatistes armés auraient tué le directeur d’un lycée à Ossing, dans la région du Sud-Ouest.

Situation humanitaire

Le 23 janvier 2021, les forces gouvernementales ont neutralisé deux engins explosifs improvisés à Limbé, dans la région du Sud-Ouest, tandis qu’un autre engin de ce type a explosé aux abords d’un stade, sans faire de blessés. Les attaques visant le personnel et les établissements humanitaires, sanitaires et éducatifs dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun se sont poursuivies.

« Le 8 janvier, un camion loué par le Programme alimentaire mondial qui transportait des vivres a été pris dans des tirs croisés à l’issue d’une embuscade tendue aux forces gouvernementales au poste de péage de Metazem, dans la région du Nord-Ouest. Le conducteur et son assistant ont tous deux été tués. Le 4 février, des hommes armés non identifiés ont tiré sur une ambulance clairement identifiée d’une organisation non gouvernementale médicale qui répondait à un appel d’urgence, près de Muyuka, dans la région du Sud-Ouest, blessant une travailleuse humanitaire ».

Au 30 avril, plus de 67 000 Camerounais et Camerounaises avaient cherché refuge au Nigéria. Plus de 409 000 personnes avaient été déplacées dans les deux régions, s’exposant à des risques de protection importants, notamment à de nombreuses violences

sexuelles et fondées sur le genre. Au 30 avril, on comptait plus de 409 000 rapatriés dans les deux régions, tandis que 302 000 autres personnes avaient été déplacées vers d’autres régions du Cameroun. Quelque 700 000 enfants ont été privés d’école du fait de la crise sévissant dans les deux régions, déplore Antonio Gu-terres. Le Sg de l’Onu condamne les violences incessantes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun.

« Il n’y a pas de solution militaire à la crise qui sévit dans les deux régions. Les autorités camerounaises sont encouragées à donner la priorité au dialogue inclusif et à la réconciliation et à les promouvoir, ainsi qu’à poursuivre la mise en œuvre des recommandations issues du grand dialogue national ». Et d’ajouter : « Conformément à ces recommandations, les autorités camerounaises sont également encouragées à tendre la main aux membres de la diaspora camerounaise, qui n’ont pas participé audit dialogue et continuent d’en rejeter l’issue, afin d’aborder les questions en suspens qui sous-tendent la crise ».

Plus de quatre ans après le déclenchement de cette crise, les pertes sont énormes tant sur les .plans humain, matériel, qu’économique. Les balles continuent de crépiter créant une psychose au sein de la population. Dans un communiqué de presse daté du 7 juin, le Secrétaire d’Etat américain, Antony J. Blinken, annonçait des restrictions sur les visas à l’encontre des personnes qui font obstacles à une résolution pacifique de la crise dans les régions anglophones du Cameroun.

Le Jour

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