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Crise anglophone : Issa Tchiroma évoque un possible retour au fédéralisme pour ramener la paix

Invité lundi matin sur Radio Balafon émettant depuis Douala, Issa Tchiroma Bakary a promis un dialogue sincère avec les séparatistes s’il est élu président de la République.

Pour Issa Tchiroma Bakary, les revendications séparatistes naissent de la frustration et de la marginalisation qui découlent des termes référendaires mettant fin au fédéralisme le 20 mai 1972.

Journaliste : Quelle est la seule et unique concession politique ou constitutionnelle que vous êtes prêts à faire pour que les séparatistes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest déposent les armes ?

Issa Tchiroma Bakary : Pour qu’ils déposent les armes, il faut d’abord leur donner la possibilité de s’exprimer. Les pères fondateurs nous ont légué un héritage : le Cameroun tel que nous l’avons connu, la forme du gouvernement étant le fédéralisme.

À la naissance de notre État, nous sommes passés par le fédéralisme. Ensuite, chemin faisant, il s’est avéré que la gouvernance de la fédération avait un coût que notre économie ne pouvait pas supporter. Il y avait énormément de problèmes. Il y a un gouvernement fédéral et puis des États fédérés. Ça a un coût exorbitant que notre économie, à cette époque-là, ne pouvait pas supporter.

C’est donc pour cette raison, probablement, que le président de la République, en son temps de concert avec ses collaborateurs et avec ses partenaires politiques, ont convenu qu’en l’état, notre nation ne pouvait pas supporter, il était question de comprimer, de faire disparaître les coûts exorbitants qui dépendaient de la fédération.

À ce moment précis, on est partis du fédéralisme pour venir vers l’État unitaire, aujourd’hui la République.

Maintenant, vous me posez la question, s’agissant donc des sécessionnistes et autres. Je dis aujourd’hui, rien n’est figé dans l’existence. La seule chose qui ne change jamais de toute l’existence, c’est que tout change. Nos compatriotes ne se sentaient plus à l’aise dans notre nation. Ils se sentaient frustrés, marginalisés.

Et à cet effet, le manque de dialogue, le manque d’ouverture d’esprit et de concertation les ont amenés non seulement à préconiser, vous savez, tous les 1ᵉʳˢ d’octobre, les séparatistes manifestent d’une manière clandestine. Puisqu’ils étaient combattus, le principe existait et ils partaient du principe qu’ils ont été floués lors de la constitution des termes référendaires.

Vous savez, le Cameroun, au lendemain de la défaite de l’Allemagne, le Cameroun a été placé sous la tutelle de deux nations européennes. Une partie par la France et l’autre partie par la Grande-Bretagne. Lorsque notre nation a accédé d’abord, la partie sous la dépendance de la France, a accédé à l’indépendance, ok, il n’y a pas de soucis, c’est l’indépendance qui nous a été accordée par la France dans les conditions que nous connaissons.

J’ai saisi cette opportunité pour rendre hommage au père fondateur pour qui la dépendance était inacceptable et qui a fait recours aux armes pour goûter hors de nos frontières les colons. Ils ont sacrifié de leur sang, de leur famille pour cela. Chaque fois que j’ai l’opportunité de le rendre hommage, c’est quelque chose de très important ».

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