L’ancien président du Cameroun, Ahmadou Ahidjo, a été un acteur clé dans la lutte pour l’indépendance de son pays. Cependant, il est intéressant de noter que sa relation avec la France, ancienne puissance coloniale, a été complexe et nuancée. Plusieurs analystes de l’époque affirment qu’Ahidjo a été placé à la tête du Cameroun par la France pour empêcher la prise de pouvoir par les nationalistes qui luttaient pour l’indépendance. Malgré cela, Ahidjo a tenté de prendre des mesures d’autonomie économique, mais il a été constamment recadré par ses « maîtres » français.
Un exemple frappant de cette dépendance économique est l’épisode de la création de la première compagnie aérienne nationale du Cameroun. En 1971, Ahmadou Ahidjo décide de quitter Air Afrique, la compagnie aérienne continentale créée sous l’égide de l’OCAM, estimant que le Cameroun y était lésé par rapport à d’autres pays africains. Il décide alors de créer sa propre compagnie aérienne, « Cameroon Airways ». Contre toute attente, Ahidjo se tourne vers la Belgique pour trouver un partenaire technique, la Société Anonyme Belge de Navigation Aérienne (SABENA). Cependant, la France s’oppose à ce choix et SABENA est remplacée par Air France, qui devient même actionnaire de la future compagnie. Ainsi, « Cameroon Airways » devient « Cameroon Airlines ».
Cet épisode de la création de la compagnie aérienne nationale n’est qu’un exemple parmi d’autres des décisions prises par le Président Ahidjo pour sortir de la dépendance économique vis-à-vis de la France. Un autre exemple est la décision de doter le Cameroun d’une chaîne de télévision. Bien que tardive par rapport à d’autres pays africains, Ahmadou Ahidjo décide finalement de franchir le pas. Cependant, il choisit de ne pas recourir à la France, mais plutôt de s’adresser aux Allemands. Siemens se voit attribuer la construction du siège et des studios, tandis que Thomson se voit confier le marché des relais à travers le territoire camerounais.
Ces choix d’Ahmadou Ahidjo témoignent de sa volonté de diversifier les partenaires économiques du Cameroun et de réduire la dépendance envers la France. Ils illustrent également sa vision stratégique pour l’indépendance économique de son pays. En faisant appel à des partenaires belges et allemands, Ahidjo cherchait à renforcer les liens avec d’autres puissances économiques et à favoriser le développement du Cameroun.
Il est important de souligner que ces décisions n’ont pas été prises sans opposition ni conséquences. La France a manifesté son désaccord et a tenté de faire pression sur Ahmadou Ahidjo. Cependant, le président camerounais a persévéré dans sa volonté de diversifier les partenaires économiques du pays.
Ainsi, les choix d’Ahmadou Ahidjo en matière de création de la compagnie aérienne nationale et de la chaîne de télévision témoignent de sa détermination à promouvoir l’indépendance économique du Cameroun. Ces décisions ont contribué à renforcer les liens du pays avec d’autres acteurs internationaux et à ouvrir de nouvelles perspectives pour le développement économique du Cameroun.







