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Congé de chronique sérieuse | Le Journal de Montréal

Nous sommes peut-être le seul pays au monde à utiliser principalement les mots sacrés de la liturgie catholique pour exprimer nos émotions les plus fortes à la place d’un vocabulaire sexuel.

La disparition de la pratique religieuse rend incompréhensible tout le vocabulaire qui décrivait cette pratique. Qui de nos jours, parmi la génération née après la déchristianisation du Québec, connaît le vrai sens des mots tabernacle, ciboire, hostie, calice ?

Ceux qui utilisent aujourd’hui le mot « ostia » croient qu’il est synonyme de leur voisin insupportable. Si seulement ils savaient que c’est un morceau de pain sans levain que le prêtre a mis sur nos langues, ou dans nos mains après la réforme liturgique du Vatican, qui symbolisait le corps du Christ. Oui, nous étions en quelque sorte des cannibales.

  • Écoutez la chronique de Denise Bombardier à l’émission de Richard Martineau via QUB-radio :

sens des mots

Aujourd’hui, rares sont les invités de talk-shows qui résistent à nous confier qu’ils sont en « tabarnak » ou que leur présence sur scène ou dans une série télévisée « se promène en ciboire », mais ne leur demandez pas le sens du mot « ciboire ». « , cette coupe d’or ou d’argent qui contient les hosties consacrées et qui est entreposée dans le tabernacle, ce petit meuble posé sur l’autel pour l’abriter.

Les sacres de l’époque de la catholicité dominante au Québec étaient majoritairement le fait d’hommes. Les femmes considérées comme mal élevées ou grossières qui utilisaient ce vocabulaire blasphématoire étaient considérées comme dangereuses à côtoyer.

Aujourd’hui, sans doute grâce à l’égalité des sexes, filles et femmes couronnent autant que les hommes. Il n’y a plus de différence de classe, d’ailleurs. Dans le monde du showbiz, du théâtre, même chez les intellectuels, les mots tabarnaque, ostie sortent de toutes les bouches. Les plus bavards les transforment en verbe (« je lui ai crié une volée ») ou en adjectif « c’est un pétard tabarnak ».

Affranchissement

Sacrer est une bonne guerre pour impressionner ses collègues ou ses lecteurs. Combien de militantes féministes se sont libérées grâce aux sacres ? Combien de gauchistes bourgeois saupoudrent leurs discours de consécrations pour parler comme le peuple ? Et combien de lâches et lâches utilisent ces mots pour fulminer contre leur patron « hôte » ou leurs « couinements » de collègues ?

Nos sacres québécois, il faut bien l’avouer, sont très utiles pour ceux qui manquent de vocabulaire. C’est pourquoi l’usage qu’en font les personnes dites éduquées sert de passerelle avec les classes laborieuses. Ceux-ci doivent se méfier de ces populistes verbaux et bavards qui rentrent ensuite chez eux et se désinfectent la bouche avant de rencontrer des gens du même monde.

Les gros mots existent dans toutes les langues. En France, on s’envoie des chi…, on s’ennuie… ou on…

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