Cameroun Actuel

Commerce inclusif : femmes et jeunes au cœur du commerce des services en Afrique centrale

Ce lundi 23 mars s’est ouvert à Yaoundé un dialogue public-privé qui a réuni institutions régionales, partenaires techniques et entrepreneurs autour de la promotion d’un commerce des services plus inclusif. L’objectif est de lever les obstacles qui freinent encore la participation des femmes et des jeunes et de rendre plus effective la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en Afrique centrale.

La promotion de la participation des femmes et des jeunes au commerce des services dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) était au centre d’un dialogue public-privé organisé à Yaoundé par le Centre du commerce international (ITC), en collaboration avec la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), le Secrétariat de la ZLECAf et le ministère camerounais des Petites et Moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat.

Les travaux ouverts ce lundi 23 mars 2026 par Achille Bassilekin III, ministre des PME, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, marquent le lancement d’une collaboration renforcée entre ces institutions pour promouvoir un commerce plus inclusif dans la région.

Inscrit dans le cadre du projet financé par l’Union Européenne intitulé « Afrique centrale : renforcement des capacités en matière de commerce des services dans le cadre de la ZLECAf », ce dialogue vise à mieux outiller les acteurs économiques, en particulier les femmes et les jeunes, afin qu’ils puissent tirer profit des opportunités offertes par le marché continental.

La ZLECAf apparaît en effet comme un levier majeur pour stimuler le commerce intra-africain et favoriser l’émergence de nouvelles opportunités économiques. Mais pour que ses bénéfices soient réellement partagés, la participation des femmes et des jeunes reste un enjeu central. Les discussions ont notamment permis d’approfondir la compréhension du protocole sur le commerce des services ainsi que celui consacré aux femmes et aux jeunes dans le commerce.

Des obstacles persistants à lever

Malgré les perspectives offertes par la ZLECAf, plusieurs obstacles continuent de freiner l’implication des femmes et des jeunes dans le commerce des services en Afrique centrale. Parmi les difficultés évoquées figurent l’accès limité à l’information sur les marchés, les contraintes d’accès au financement, le manque de compétences numériques et une connaissance encore insuffisante des réglementations liées à la ZLECAf.

Pour Mme Elysée Deumany, point focal genre au Haut Conseil des affaires de l’Afrique centrale, la question de la formalisation des activités constitue également un défi majeur. « Beaucoup de femmes restent dans l’informel. Or, tant qu’elles ne se formalisent pas, elles ne peuvent pas accéder aux financements ni bénéficier pleinement des opportunités offertes par les mécanismes commerciaux », a-t-elle souligné.

Les échanges ont également mis en lumière la nécessité de renforcer l’accompagnement institutionnel et l’accès aux outils d’information économique pour permettre aux entrepreneurs de mieux s’insérer dans les chaînes de valeur régionales.

La rencontre a par ailleurs été marquée par la présentation de plusieurs instruments destinés à soutenir l’entrepreneuriat féminin et jeune. Parmi eux figure SheTrades Outlook, un outil d’analyse fondé sur les données, déjà déployé dans neuf pays d’Afrique centrale. Il permet d’identifier les lacunes des politiques publiques et de promouvoir de bonnes pratiques en matière d’accès aux marchés, de financement, de compétences et de réglementation.

Les participants ont également découvert la Communauté Ye!, une plateforme dédiée au renforcement des capacités des jeunes entrepreneurs, ainsi que d’autres initiatives visant à améliorer la préparation des PME à l’exportation.

La session a connu la participation de plusieurs responsables institutionnels et partenaires techniques, dont Raimund Moser, chef du département Femmes, jeunes et communautés vulnérables au sein de l’ITC.

Articulés autour de plusieurs panels, les travaux ont notamment abordé la ZLECAf et ses protocoles, ainsi que les stratégies pour promouvoir des services commerciaux plus inclusifs en Afrique centrale grâce au programme régional de l’ITC. Les discussions se poursuivent avec des sessions de formation sur les outils commerciaux continentaux tels que la plateforme MANSA d’Afreximbank, le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) ou encore l’Observatoire africain du commerce.

À travers cette initiative, les partenaires entendent ainsi poser les bases d’une participation plus active des femmes et des jeunes au commerce intra-africain des services, condition essentielle pour faire de la ZLECAf un véritable moteur de transformation économique en Afrique centrale.

Cameroun Actuel
Me suivre

Laisser un commentaire

Dernières nouvelles

Suivez-nous !

Lire aussi

Activer les Notifications OK Non Merci