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Renvoyé en enquête préliminaire de culpabilité (CRPC) après une nuit de garde à vue, le jeune prévenu dit avoir agi après avoir entendu quelqu’un proposer un concours pour « celui qui jetterait la pierre le plus loin possible ».
Des pierres lancées sur les policiers « comme si c’était un jeu ». Anatole G, 22 ans, étudiant au profil plutôt rangé, a été condamné mardi à Lyon à six mois de prison avec sursis, pour « violences contre les forces de l’ordre » en marge du défilé du 1er mai. Renvoyé en enquête préliminaire de culpabilité (CRPC) après une nuit de garde à vue, le jeune prévenu dit avoir agi après avoir entendu quelqu’un proposer un concours pour « celui qui jetterait la pierre le plus loin possible ».
« Je me suis emporté »
« Comme si c’était un jeu », s’est-il excusé, les bras croisés devant le juge unique dans la petite salle d’audience du tribunal de Lyon. « Je me suis laissé emporter par l’euphorie et le groupe, j’ai fait comme les autres », raconte-t-il. « Je sais que c’est complètement immature. » L’étudiant dit être allé manifester pour la troisième fois « contre la réforme des retraites », sans particulièrement vouloir en découdre. Habitant le 8e arrondissement de Lyon, il est venu en Vélo’v, équipé d’un simple sac à dos contenant une paire de lunettes et plusieurs masques chirurgicaux. Dans son téléphone, la police n’a trouvé aucune trace d’activisme radical.
Inscrit à l’université Lyon 2, après une licence de biologie Anatole G. dit n’appartenir à aucun syndicat ou association. Sans casier judiciaire, inconnu des fichiers de police, il a tous ses points sur son permis de conduire, il a effectué une journée citoyenne à Laval (Mayenne), sa région d’origine, et a travaillé pendant un an au Jardin des Plantes à Paris . Il vit avec une jeune femme, paie régulièrement son loyer de 300 euros. Un profil apparemment en décalage avec les violences qui ont fait 19 blessés, dont un grièvement dans les rangs de la police après plusieurs heures d’affrontements et de très rares dégâts à Lyon.
« Personnes à risque »
La préfecture a attribué les violences à la présence au départ du cortège de « 2 000 individus à risque dont 1 000 black blocs » selon la préfecture, en marge du défilé qui a réuni au total 17 000 manifestants selon la préfecture, dont certains 45 000 selon la CGT. Mortiers, plaques d’égout, pierres, bouteilles remplies d’excréments… Policiers et gendarmes ont essuyé des projectiles, ripostant par plus de 800 tirs de grenades lacrymogènes, selon un bilan sommaire cité par l’hebdomadaire Tribune de Lyon.
Au total, 58 personnes ont été interpellées en journée et 8 en soirée, selon le dernier bilan de la préfecture. Anatole G a été repéré et interpellé lors d’une agression par la police après le pillage d’un dépanneur situé…
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