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CAN – Cameroun : que manque-t-il à Vincent Aboubakar pour être une star chez lui ?

Auteur des deux buts du Cameroun face au Burkina Faso (2-1), match d’ouverture de la CAN, l’attaquant Vincent Aboubakar n’a pourtant pas la même aura que Milla, Omam-Biyik, Mboma ou Eto’o, ses illustres prédécesseurs.

Cela n’a l’air de rien, mais inscrire deux penalties lors de la même rencontre et en un peu plus de cinq minutes est un exercice plus compliqué qu’il n’y paraît. Le dimanche 9 janvier, le pied droit de Vincent Aboubakar n’a pas tremblé pendant le temps additionnel de la première période pour offrir aux Lions indomptables un avantage définitif, en trompant Hervé Koffi, le gardien des Étalons du Burkina Faso. Quelques minutes plus tôt, l’attaquant camerounais avait égalisé et remis son équipe dans le sens du vent, après l’ouverture du score de Gustavo Sangaré.

Cinquième meilleur buteur de l’histoire de la sélection

Avec ce doublé, Aboubakar, qui fêtera ses 30 ans le 22 janvier prochain, a inscrit ses 28e et 29e buts en 81 sélections, une statistique faisant du joueur d’Al-Nassr (Arabie Saoudite) le cinquième meilleur buteur de la sélection derrière Samuel Eto’o (56 buts), François Omam-Biyik (45), Roger Milla (36) et Patrick Mboma (33).

Si sa cote de popularité auprès des supporters camerounais est remontée après ce doublé plaçant les quintuples champions d’Afrique dans une position extrêmement favorable avant d’affronter l’Éthiopie, le 13 janvier à Yaoundé, Vincent Aboubakar n’est pas adulé comme pouvaient l’être certains de ses prédécesseurs à la pointe de l’attaque des Lions.

« Je ne sais pas s’il souffre de la comparaison, mais au Cameroun, et c’est aussi le cas dans tous les pays de football, on regarde beaucoup les statistiques. Celles d’Aboubakar sont bonnes, mais c’est vrai que s’il est apprécié, il n’a paradoxalement pas une énorme aura ici », confirme Patrick Mboma, l’ancien buteur des Lions.

« Il a plus de 80 sélections, il marque des buts, c’est un très bon joueur, un garçon qui ne fait pas de bruit, respectueux, et c’est vrai que je suis parfois un peu étonné qu’il ne soit pas davantage reconnu. »

Tir décisif en finale de la CAN 2017

Vincent Aboubakar, né à Garoua, a rapidement quitté Cotonsport, le club de la ville avec qui il venait de remporter le championnat national en 2010, pour signer à Valenciennes, en Ligue 1 française. « Tout est allé très vite pour lui, il s’est retrouvé en L1 alors qu’il n’avait pas vraiment fini sa formation », poursuit Mboma.

La suite de sa carrière l’a mené à Lorient, au FC Porto, au Besiktas Istanbul et depuis le mois de juin dernier à Al-Nassr Riyad, en Arabie Saoudite. « Partout où il est passé, il a marqué des buts, même s’il a connu des moments difficiles dans sa carrière, notamment à cause de quelques blessures », dont une au genou qui l’éloigna des terrains pendant plus de six mois, de septembre 2018 à avril 2019 alors qu’il évoluait au FC Porto.

Quand le Cameroun est redevenu champion d’Afrique en 2017 au Gabon, quinze ans après son dernier sacre, Vincent Aboubakar n’était pas un titulaire indiscutable aux yeux d’Hugo Broos, le sélectionneur belge des Lions indomptables.

C’est pourtant lui qui a offert le titre à son équipe en marquant dans les dernières secondes face à l’Égypte en finale (2-1). Et un peu plus tôt dans la compétition, il avait inscrit le penalty décisif en quart de finale contre le Sénégal lors de la séance des tirs au but (0-0, 5-4).

« Il a marqué les deux buts face au Burkina Faso. S’il en inscrit encore trois ou quatre autres, surtout s’ils sont décisifs, je pense qu’il sera complètement adoubé par les supporters », prévoie Mboma. « Il a toujours montré son attachement à la sélection, son implication. Si le Cameroun devient champion d’Afrique à Yaoundé et qu’il y contribue largement, il aura tout gagné ! »

Jeune Afrique

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