L’ancien Ballon d’Or George Manneh Weah a vivement critiqué la Confédération Africaine de Football (CAF) suite à sa décision de retirer l’organisation de la CAN 2025 au Sénégal pour l’attribuer au Maroc. Il a qualifié cette décision de « mascarade » qui porte atteinte à l’intégrité du football africain.
Dans un communiqué publié le 18 mars, l’ancien président du Libéria a affirmé que cette décision contrevient aux principes fondamentaux de la gouvernance du football, notamment à l’autorité des arbitres pendant les matchs.
« Le football doit se décider sur le terrain, et non être rejugé après le coup de sifflet final », a déclaré Weah.
L’autorité des arbitres au cœur de la controverse
Au centre de la polémique se trouve la décision de la CAF après le match, qui a annulé le résultat de la finale de la CAN entre le Sénégal et le Maroc, alors même que la rencontre s’était déroulée jusqu’à son terme.
Weah a cité les Lois du Jeu, et plus précisément la Loi 5, qui confère aux arbitres l’autorité suprême sur les décisions prises pendant un match.
« L’arbitre sur le terrain est l’autorité suprême pour les décisions prises pendant le match. Une fois le jeu repris et le match terminé, le résultat obtenu sur le terrain doit être maintenu », a-t-il déclaré.
Selon Weah, l’arbitre a laissé le match se poursuivre malgré l’abandon du Sénégal, la rencontre se terminant finalement, prolongations comprises, et un résultat final étant établi.
Il a également souligné que le rapport d’après-match de l’arbitre qualifiait l’incident d’arrêt de jeu et non de forfait.
« Le rapport de l’arbitre mentionne un arrêt de jeu, et non un forfait, et recommande des sanctions appropriées pour les infractions commises pendant la rencontre », a-t-il précisé.
Une décision de la CAF soulève des questions d’intégrité
Malgré cela, la commission de discipline de la CAF a par la suite décidé de retirer le titre au Sénégal et de l’attribuer au Maroc – une décision qui, selon Weah, crée un dangereux précédent.
« Il n’y a donc aucune justification sportive pour annuler un match qui s’est déroulé conformément à l’autorité de l’arbitre », a-t-il affirmé.
Il a averti que de telles interventions pourraient ouvrir la voie à une ingérence généralisée dans les décisions arbitrales après les matchs.
« Sinon, le football risque de s’engager sur une pente glissante où ce seront les instances dirigeantes, et non les arbitres, qui prendront des décisions après coup pour annuler celles prises sur le terrain. »
Weah a ajouté que cette décision a « terni l’image du football africain », soulevant de sérieuses questions quant à l’équité et à la cohérence des compétitions de la CAF.
Appel à l’intervention du TAS
L’ancien président libérien et icône du football a appelé le Tribunal arbitral du sport (TAS) et les autres autorités compétentes à réexaminer d’urgence cette décision.
« J’appelle le Tribunal arbitral du sport et les autres autorités compétentes à agir avec fermeté pour que cette injustice ne soit pas tolérée », a-t-il déclaré.
Démenti des allégations de soutien à la décision de la CAF
Weah a également démenti les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles il aurait soutenu la décision de la CAF, les qualifiant de fausses.
« Il est demandé à tous ceux qui diffusent mon image et l’associent à de telles déclarations mensongères de s’abstenir », a-t-il déclaré.
Conséquences plus larges pour le football africain
La controverse entourant la finale de la CAN 2025 est en passe de devenir l’un des conflits de gouvernance les plus importants du football africain ces dernières années. Les analystes préviennent que son issue pourrait avoir des conséquences à long terme sur la manière dont les décisions disciplinaires sont gérées dans les compétitions de la CAF.
Face aux appels croissants à un arbitrage indépendant, l’attention se porte désormais sur la possibilité d’une intervention du TAS et sur la capacité du Sénégal à reconquérir le titre sur le plan juridique.







