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Belabo-Ngaoundéré : les travaux ferroviaires reportés à 2027 malgré 190 milliards de FCFA déjà mobilisés

Il faudra encore patienter près de deux ans avant de voir les premiers engins à l’œuvre sur le tronçon ferroviaire Belabo-Ngaoundéré. Camrail a annoncé, le 14 août 2025, que les travaux de renouvellement des 330 kilomètres de voie ne débuteront qu’au premier semestre 2027.

Ce chantier, présenté comme l’un des plus importants du secteur ferroviaire depuis trois décennies, mobilise déjà des financements à hauteur de 190 milliards de FCFA, obtenus auprès de l’Agence française de développement (AFD), de la Banque européenne d’investissements (BEI) et de l’Union européenne.

Selon Jacques Fansi, directeur du projet PQ2 à Camrail, la phase actuelle se concentre sur l’élaboration des dossiers d’appel d’offres, sous supervision de la BEI et de l’AFD.

Leur lancement est prévu entre la fin 2025 et le début 2026, en commençant par l’acquisition des rails, traverses et ballast. Les autorités rappellent que les financements sont déjà disponibles, comme l’avait confirmé en juin dernier Claude Misse Ntone, directeur des transports ferroviaires au ministère des Transports, sans toutefois préciser le coût total final du projet.

Si ce renouvellement est perçu comme une avancée pour la modernisation du réseau, le délai entre la mobilisation des fonds et le lancement effectif des travaux interroge.

Dans un pays où la vétusté des infrastructures ferroviaires ralentit l’économie et augmente les risques d’accidents, l’attente jusqu’en 2027 pourrait être lourde de conséquences, notamment pour le transport des marchandises et des voyageurs entre l’Est et l’Adamaoua.

Les précédents projets d’envergure, tel que le tronçon Batschenga–Ka’a (175 km), avaient déjà montré combien les délais d’exécution pouvaient impacter l’efficacité et la rentabilité des investissements.

Au-delà de l’annonce, la véritable épreuve sera celle de la tenue des calendriers et de la transparence dans l’exécution du chantier. Les partenaires financiers internationaux, comme l’UE et la BEI, seront attendus sur leur capacité à veiller au respect des standards techniques et à limiter les retards.

Pour le Cameroun, ce projet est à la fois un enjeu logistique, économique et politique : il ne s’agira pas seulement de poser de nouveaux rails, mais de prouver qu’un grand projet public peut enfin être livré dans les délais annoncés.

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