Depuis quatre mois, le Pérou traverse une crise politique, institutionnelle et sociale sans précédent. Cinquante personnes ont été assassinées depuis la destitution illégale du président Pedro Castillo le 7 décembre 2022.
L’avocat argentin qui le défend voit d’innombrables irrégularités dans la procédure et l’effet de revanche sociale de forces qui n’ont jamais accepté l’arrivée à la tête du pays d’un enseignant indigène. Le Pérou connaît une forte mobilisation. Le chef de l’Etat par intérim de Dina Boluarte est rejeté par 78% des Péruviens.
Comment va Pedro Castillo depuis son incarcération dans une prison de haute sécurité ?
Lors d’une récente audience devant la justice péruvienne, Pedro Castillo a répété une chose très importante : il n’a pas baissé les bras, et il n’a pas l’intention de le faire. En résumé, il existe une série de garanties liées à la régularité de la procédure de licenciement ; ils ont été violés dans l’affaire Castillo, quelle que soit sa personnalité. Que nous l’aimions ou non, qu’il ait bien ou mal gouverné, ce sont des questions distinctes.
Pour destituer un président, il existe une procédure constitutionnelle au Pérou. Elle n’a pas été respectée. Sa destitution est anticonstitutionnelle. C’est pourquoi nous soutenons que la seule alternative est la réintégration du président Castillo, qui reste légalement président du Pérou.
Ceci malgré l’usurpation du pouvoir par la force d’un autre gouvernement qui a déjà tué 73 personnes. Dans les marches violemment réprimées, les manifestants dénoncent la « dictature » de Dina Boluarte, qu’ils assimilent à celle d’Alberto Fujimori (président de 1990 à 2000 – NDLR).
Diriez-vous que c’est un coup d’État ?
Je dirais que la destitution de Pedro Castillo est inappropriée. Le résultat est un gouvernement qui usurpe le pouvoir politique, donc plutôt qu’un coup d’état, je dirais qu’il y a une usurpation. Cela activerait ce qu’on appelle au Pérou le droit d’insurrection : la population n’est pas obligée d’obéir, selon l’article 46 de la Constitution péruvienne, à un gouvernement qui usurpe le pouvoir politique.
Avec son discours du 7 décembre 2022 (dans lequel il annonçait la dissolution du Parlement et la mise en place d’un « gouvernement d’exception »), Pedro Castillo s’est exposé à une accusation d’infraction constitutionnelle. Ce processus obéit à des règles qui n’ont pas été respectées par le Congrès péruvien. Qui invoquait la figure de « incapacité morale » qui pose une série de problèmes.
La Cour constitutionnelle péruvienne elle-même n’a jamais précisé ce qu’il faut entendre par incapacité morale. Disons que c’est un concept très large qui peut être utilisé arbitrairement pour destituer un président de manière inappropriée, comme cela s’est produit avec Castillo.
C’est un concept…
Lire la suite de l’article sur nouvelles-dujour.com
- Téléphones : l’État verrouille le marché avec un nouveau système de taxes… sans hausse des prix - 23 mars 2026
- Commerce inclusif : femmes et jeunes au cœur du commerce des services en Afrique centrale - 23 mars 2026
- Dépression : le témoignage poignant de Tatiana Matip qui redonne espoir - 23 mars 2026






