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Artisanat : Mvog-Mbi, quartier général du rotin

Dans cette sorte de caserne de vanniers, les objets en rotin se tissent en toutes saisons. On y retrouve des chaises, tables, armoires et autres objets.

Il est 10h30 à Mvog-Mbi. Les commerçants se mobilisent pour exposer leurs produits artisanaux dans un espace à proximité du carrefour. On retrouve plusieurs vanniers qui s’y activent. Couteaux, lames, clous, marteaux, sont les outils utilisés pour la création des meubles. Ils sont rangés et exposés au quotidien à la vue de tous les passagers. « Ces produits artisanaux embellissent le secteur », déclare Evelyne Nguele.

Dans l’arrondissement de Yaoundé IV, Mvog-Mbi est devenu un lieu par excellence pour la vente de ces meubles. La production des commodités de séjour y est de plus en plus régulière. D’ailleurs le constat est fait par Mariana Edinga, tenancière d’une boutique dans le secteur, « J’ai remarqué qu’ils fabriquent plus les fauteuils pour les salons ».

Pour sa décoration, certains vanniers font appel à des couturiers. « Lorsque nous vendons, le plus souvent on vend avec les pouffes. Mais il y a des clients qui n’en veulent pas », affirme Patrick Etoundi, vannier depuis 13 ans.

On retrouve plusieurs types de mobiliers. L’estimation des produits dépend de la dimension et de chaque commerçant. « Je fais des tabourets, des tables, les armoires. Pour les salons on a ceux de, 75.000,100.000Fcfa et plus. En ce qui concerne les tables on en a pour 7000, 15.000Fcf », déclare Gabriel Ndjipa, fabriquant des meubles depuis 50 ans. On y vend aussi des produits de décoration pour maison, cérémonie, etc.

« On peut fabriquer des paniers de 2000 Fcfa, des sous-plats de 2000 Fcfa, cadres photo et autres », renchérit-il. Pour l’achat des meubles, certains clients le font sous commande. D’autres le font lors de leurs passages.Il faudrait aussi souligner que, certains vendeurs mettent en location. Ce qui est le cas de Sylvestre Essomba qui totalise 13 ans d’expérience.

« Pour la location, ils ne font pas plus d’une semaine. Ils les utilisent pour des évènements comme les mariages, les baptêmes… Les clients intéressés par nos mobiliers peuvent les avoir lors de l’exposition journalière, où le client achete ce qui lui plait. S’il n’est pas satisfait, nous lui présentons le catalogue et il fait son choix», explique-t-il. Pour une meilleure publicité, certains participent à des expositions. « Lorsque le gouvernement organise des foires, nous y participons», s’est ému. Sylvestre Essomba.

Rareté et inflation de la matière première

La matière première qui est le rotin provient de différentes régions. Du fait de sa rareté, il est difficile de s’en procurer. Il est nécessaire de noter que, son obtention est devenue difficile depuis l’arrivée du Covid-19. « Les spécialistes dans ce domaine, s’approvisionnent à Ebolawa, Zoétélé et à Mbalmayo. Car, pour en trouver au Centre, il faudrait aller à des dizaines voire des vingtaines de kilomètres en forêt », déclare Thomas D’Aquin, vannier depuis 35 ans.

Ce qui entraine la hausse du prix du rotin. « Présentement on paye le rouleau de rotin à 7000, 10.000, 12.000Fcfa et plus. Avant, nous l’achetions à 5000Fcfa », explique-t-il. Ce qui impacte le prix de revient de leurs marchandises. « Avant, tu pouvais avoir un salon à 50.000, une table à 10.000. Mais depuis le covid-19, les marchants ont augmenté les prix», s’indigne Esther Mekongo, cliente dans cet espace.

Le Messager

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