Le ministre des Transports du Cameroun, Jean Ernest Masena Ngalle Bibehe, a récemment présidé la 40e session du comité interministériel des infrastructures ferroviaires (Comifer), au cours de laquelle il a annoncé que le projet d’acquisition de 25 voitures voyageurs et 5 modules autorails pourrait bientôt se réaliser. Cette annonce suscite de l’espoir quant à l’amélioration du réseau ferroviaire dans le pays.
Initialement annoncé lors de la 32e session du Comifer, ce projet a malheureusement été retardé en raison du déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine en février 2022. L’entreprise franco-coréenne CIM-SSRT, partenaire technique et financier du Cameroun, a rencontré des difficultés d’approvisionnement en fer, ce qui a entravé l’acquisition des véhicules. Cependant, le ministre des Transports a assuré que des mesures sont prises pour mener à bien ces projets d’investissement, notamment l’acquisition de nouvelles voitures voyageurs auprès du Groupement CIM-SSRST et les discussions en cours avec la société italienne Avant-garde.
En attendant la concrétisation de ces projets, l’entreprise ferroviaire Camrail, filiale de Bolloré, fait face à une offre limitée de voitures de voyage. Pour pallier cette situation, l’entreprise a investi dans l’acquisition de 5 locomotives auprès de General Electric en 2019 et a procédé à la rénovation de son matériel roulant en préparation du lancement du train express. Actuellement, Camrail dispose de 9 locomotives.
Outre l’acquisition de nouvelles voitures voyageurs, le Cameroun travaille sur d’autres projets d’investissement dans les infrastructures ferroviaires. Parmi ceux-ci, le projet d’extension du chemin de fer de Ngaoundéré au Cameroun jusqu’à Ndjamena au Tchad est en bonne voie. Cette infrastructure, longue de 1 400 km, nécessite un financement d’environ 1 400 milliards de francs CFA. Les études de faisabilité ont été financées par la BAD à hauteur de 3 milliards de francs CFA en 2021, et les rapports finaux devraient être disponibles début 2024.
Le Cameroun a récemment achevé le Plan quinquennal N°1 d’investissements d’infrastructures ferroviaires et se prépare déjà à boucler les financements pour la seconde phase. Parmi les projets à venir, le renouvellement de la ligne ferroviaire Bélabo-Ngaoundéré nécessite environ 83 milliards de francs CFA de l’AFD. De plus, le projet régional pour l’amélioration de la performance du Corridor rail/route Douala-N’Djamena est en cours d’instruction par le Comité national de la dette publique, ouvrant ainsi la perspective de la signature des accords de financement dans les prochaines semaines.
Ces projets d’investissement dans les infrastructures ferroviaires témoignent de l’engagement du gouvernement camerounais à moderniser le réseau ferroviaire du pays. Ils contribueront à améliorer la connectivité et faciliteront le transport des personnes et des marchandises.







