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Affaire Danpullo-MTN : au cœur d’une bataille juridico-diplomatique

Le magnat des affaires camerounais Baba Ahmadou Danpullo, considéré comme la première fortune du pays, réclame à First National Bank (Fnb) le paiement de 243 milliards Fcfa. La somme réclamée correspond tant à la valeur de l’ensemble des biens « bradés » par l’établissement financier sud-africain qu’au montant des loyers perçus par Fnb jusqu’en avril 2020, auxquels s’ajoutent 22,1 milliards de francs Cfa de frais de recouvrement.

Les faits révèlent que suite à un crédit de 22 milliards de Fcfa dont il a fait un apport personnel de 02 milliards contracté auprès de la First National Bank (Fnb) pour l’achat d’un immeuble à Cape Town par la société Bestinver Company South Africa Limited assorti d’une affection hypothécaire et dont le délai de remboursement était de 10 ans, que cette dernière va résilier le contrat de prêt, et exiger le remboursement immédiat et intégral du crédit.

Bien qu’ayant déjà réglé une partie du crédit, et qu’il entreprend de tout rembourser, l’homme d’affaires verra non seulement sa société assignée en cessation de paiement ainsi que les cautions, mais également mise en liquidation judiciaire par des procédures cavalières.

En réalité, selon des indiscrétions, la Fnb, maison mère de la First National Bank, est accusée d’user et d’abuser de diverses manœuvres auprès de certaines administrations Sud-Africaine pour spolier la totalité des actifs immobiliers appartenant aux Sociétés de Baba Ahmadou Danpullo, évalués à la somme de 5 milliards de rands, soit 200 milliards de Fcfa. De sources bien informées, l’ensemble des actifs de Baba Danpullo, même les biens non concernés par le crédit et dont ils ont connaissance, seraient tout simplement ciblés.

Pour y parvenir, la Fnb va entreprendre contre l’homme d’affaires camerounais, une croisade violente, anti-professionnelle, raciste, xénophobe et inhumaine, en la soumettant aux conditions suicidaires et en tout cas juridiquement inadmissibles.

L’on cite, entre autres, l’exigence de la signature des documents complémentaires de garantie sans rapport avec le dossier de prêt initial ; le remboursement intégral et immédiat des lignes de crédit, s’élevant à plusieurs milliards de Fcfa ; le remboursement immédiat par anticipation de la somme de 30 millions de Rands, soit 1.200.000.000 Fcfa au titre d’avance de 03 mensualités sur le prêt en cours, alors que les mois concernés n’étaient pas échus ; l’exigence du remboursement intégral anticipé et immédiat du solde résiduel des différentes lignes des prêts (550.000.000 de Rands en fin avril 2020, soit 22 milliards de Fcfa), alors même que l’échéancier initial prévoyait encore une durée de 7,5 ans restant, pour solder totalement les engagements.

La justice sud-africaine instrumentalisée

Il faut dire M. Danpullo, pris au dépourvu a même proposé de faire un appel de fonds pour payer le solde exigé de la créance. Sauf que la Fnb et sa maison mère qui a purement et simplement refusé cette offre, va prendre l’option d’instrumentaliser la justice sud-africaine pour l’aider à mettre à exécution son plan cynique ourdi de longue date, avec à la manœuvre des complices tapis dans l’ombre, déterminés plus que jamais à faire main basse sur le patrimoine de l’homme d’affaires camerounais.

C’est ainsi que la Fnb ne lésinera sur aucun détail pour saisir la totalité de toutes les recettes générées par les activités du Camerounais. De même qu’il procédera à la paralysie et l’asphyxie totale de toutes les sociétés du groupe Bestinver ; à la multiplication des manœuvres d’intimidation, ainsi qu’au blocage des comptes bancaires du groupe contenant des milliards de rands, sans oublier le blocage du paiement des prestataires et autres charges diverses, ou encore les propos racistes des responsables de la First National Bank qui reprochent aux sociétés Bestinver d’avoir eu l’outrecuidance d’investir et de réussir dans le secteur très fermé de l’immobilier qui est la chasse gardée des banques et des assurances et des blancs.

Comment ne pas évoquer l’hostilité ostensible des responsables de la Fnb qui ont laissé dire qu’elle ne veut plus faire des affaires avec les Sociétés Bestinver dont les dirigeants et leurs familles ?

Pire, dans sa logique d’accaparement des biens des requérantes, la First National Bank va réussir à refuser de cantonner le montant de la créance poursuivie ; S’accaparer de tous les biens du milliardaire camerounais, y compris ceux qui n’étaient pas concernés par le litige avec la complicité des liquidateurs et du Juge Commissaire.

Dans la foulée, elle va bloquer tous leurs comptes bancaires pour les anéantir et les épuiser financièrement ; contraindre Baba Danpullo de payer aux différents Cabinets d’avocats constitués pour sa défense, des honoraires prohibitifs d’un montant total d’environ 20 millions de Rands procéder à la liquidation pure et simple de tous leurs biens alors qu’il disposait des moyens suffisants pour honorer leurs engagements.

Pire, la Fnb s’engagera à le déposséder de tous leurs immeubles commerciaux et autres biens meubles ; vendre ses biens sur la base des accords mafieux passés entre les acquéreurs et les intermédiaires (administrateurs, liquidateurs et agents immobiliers) ; créer la faillite totale de ses affaires ; créer des tensions d’ordre social et politique ; mettre en chômage tous ses employés.

Saisie des créances de Mtn et Chococam

C’est donc face à toutes ces méthodes peu orthodoxes, hostiles et xénophobes, que les sociétés Bestinver vont à leur tour saisir les plus hautes autorités camerounaises et régionales africaines, dans le but de faire stopper cette cabale et tenter un règlement équitable de cette affaire. Mais cette démarche va se heurter au silence méprisant, voire suspect des autorités Sud-Africaines, conscientes que la vente au prix coûtant d’un seul des immeubles bradés aurait permis d’apurer totalement le solde de la dette.

Aujourd’hui, Baba Ahmadou Danpullo évalue les actifs immobiliers abusivement vendus, après apurement de la dette poursuivie, à la somme de 260 000 000 000 Fcfa, somme dont elles réclament le paiement A cette somme, s’ajoutent celle de 21 600 000 000 Fcfa correspondant aux loyers indûment perçus et qui continuent de courir, et celle de 22 160 000 000 Fcfa représentant les frais de recouvrement.

Et toujours est-il compte tenu de la spoliation organisée par la Fnb, le seul recours dont disposent le Camerounais pour le recouvrement de leurs créances, est de faire pratiquer une saisie conservatoire des créances sur les comptes des Sociétés MobileTele- phone Networks Cameroon Limited (Mtn Cameroon Sa) et Chococam SA pour rentrer dans ses droits, étant donné que ces saisies sont faites en raison du fait que ces deux entreprises ont des liens avec la banque Fnb. Les yeux sont d’ores et déjà rivés aux tribunaux de Douala, où les procédures sont pendantes.Affaire à suivre.

Arsène Ndzana | L’Indépendant

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