Cameroun Actuel

Affaire Amadou Vamoulké : le Tcs rejette les preuves irréfutables

Le collectif d’avocats d’Amadou Vamoulké a présenté le 03 juin dernier les décisions de deux juridictions françaises mettant en cause l’entreprise d’Isaac Bella Belinga, l’expert-comptable qui a fait l’audit qui maintient encore le journaliste en prison.

Il s’agit notamment de cinq décisions rendues par les tribunaux de Paris et de Bobigny condamnant Isaac Belinga et son entreprise (Bbi Adversory Audit France) à payer de lourdes amandes après avoir ordonné la fin des activités de cette structure à l’Hexagone. La défense a souhaité que ces documents soient admis comme pièces à conviction.

Mais les juges ont une nouvelle fois rejeté ces preuves qui mettent à mal la probité morale de celui qui a été désigné pour mener l’audit qui a déclenché une nouvelle procédure judiciaire contre Vamoulké. C’est donc le deuxième rejet puisque le 01er juin dernier, ces documents avaient été rejétés. Les juges exigeaient des preuves primaires ou secondaires de ces jugements. Et donc des copies conformes de ces décisions de justice. Une fois ces preuves fournies, ils estiment que ces documents sont « non conformes ».

Le ministère public et celui des Finances ont estimé pour leur part que ces jugements sont de la « paperasse » des « photographies », des « torchons », fabriqués pour les besoins de la cause. Autre argument : « ces décisions n’ont aucune incidence sur la présente procédure.». Car, selon ces derniers, le premier jugement a été rendu en 2017 alors que l’auditeur (Bella Belinga) a rendu sa copie (rapport) en 2016.

Du côté du collectif des avocats représenté par Me Pondi, l’on s’étonne de constater qu’à l’ère du tout numérique où les avancées technologiques facilitent toutes les procédures y compris judiciaires, la justice camerounaise refuse de s’arrimer à la modernité et reste figée dans des pratiques relevant d’un autre siècle. En France, a-t-il rappelé, les décisions de justice sont envoyées par voie électronique. Nul besoin de se déplacer pour avoir son verdict.

Aussi, a-t-il ajouté, même les frais juridiques sont payables par cette voie. L’avocat s’est évertué à expliquer que les noms et les signatures des juges qui ont rendu ces décisions sont bel et bien lisibles sur chaque décision et qu’ils peuvent eux-mêmes vérifier l’authenticité de ces documents. Mais cela n’a pas fait infléchir la position des juges du Tes (Tribunal Criminel Spécial).

La suite de l’audience a été consacrée à l’audition de l’homme de média. La parole a été donnée à Me Pondi pour poursuivre l’examination in chief (interrogation) d’Amadou Vamoulké. L’ancien directeur général de la Crtv (Cameroon Radio Television) a expliqué dans les moindres détails la question des droits de retransmission de la Can 2010. Il lui est notamment reproché d’avoir détourné ces droits de retransmission audiovisuelle. s

L’ancien patron de la chaîne audiovisuelle publique s’est indigné de la contradiction qu’avait faite Bella Belinga. Celui-ci reprochait d’avoir procédé à des rectifications comptables sans l’autorisation du conseil d’administration. Pourtant c’est cet expert lui-même qui était à l’origine de ces travaux, d’une part. D’autre part, Belinga s’est permis de passer des écritures, sans autorisation préalable du conseil d’administration, en créant un compte débiteur dénommé « Vamoulké ».

Ce dernier a ensuite logé les fonds qui lui (Vamoulké) sont réclamés en coaction avec monsieur Mbiaga Jean Marie. Le journaliste a tenu à préciser qu’il a vu ce coaccusé la toute première fois lorsqu’ils ont été tous les inculpés. Ce qui fait donc d’Amadou Vamoulké débiteur de la Crtv à hauteur de plus de deux milliards de Fcfa. Il a tenu à redire au tribunal que cette somme est rentrée dans’ les caisses de l’entreprise nationale, et que cet expert a été chassé de la Crtv à la suite d’une mission mise en place pour revoir l’ensemble de ses rapports.

À la dernière question de savoir s’il avait détourne l’argent de la Crtv selon les, dispositions de l’article 184 du code pénal, le ministère public a soulevé une objection, parce que disait-il, la question était insidieuse. « Objection rejetée!», a clamé la juge. Prenant la parole, journaliste s’est permis « d’interpeller les gardiens de la loi, et de dire que si les faits qui lui sont imputés obéissent à la loi, alors il n’y a pas*eu détournement.». L’audience a été suspendue au terme de cette phase d’examination in chief. Elle reprendra les 2 et 26 juillet prochain. Ce sera alors le début de la cross-examination de Vamoulké.

En ce qui concerne la première procédure, la cause a été renvoyée aux 18 juin et 6 juillet 2021 pour la suite de la cross-examination de l’ex Dg par les conseils des autres accusés.

La Voix du Centre

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