Les élèves de l’école d’architecture de Darnétal, près de Rouen (Seine-Maritime), auraient dû retrouver les cours le 6 février. Au lieu de cela, c’est le blocage des cours pendant deux semaines qui a été voté en assemblée générale. En cause : un personnel administratif en sous-effectif depuis des mois, des contrats d’enseignants précaires ou absents, et un manque de dotations du ministère de la Culture.
La rentrée reportée faute de personnel
Cette mobilisation fait suite au report par l’établissement de la rentrée du second semestre, au 30 janvier, faute de personnel administratif. Les étudiantes évoquent les congés maternité non remplacés, les burn-out et le surmenage du personnel. « Ils ne pouvaient tout simplement pas fournir le calendrier ou organiser le semestre », explique Marina Hardy, étudiante de troisième année et représentante des étudiants, en évoquant une situation qui dure depuis » mois « .
Les dotations de l’établissement, qui dépend du ministère de la culture, sont jugées insuffisantes pour permettre « fonctionnement normal » de l’école, qui fait partie « moins doué » selon les élèves. « L’école n’a pas assez de moyens pour permettre un enseignement de qualité », assure Amaury Renauld, représentant des étudiants de troisième année.
Selon un rapport de l’Inspection générale des affaires culturelles (Igac) publié en 2020, les dotations annuelles par étudiant en architecture varient de 6 900 à 10 000 euros, soit une moyenne de 8 500 euros. A titre de comparaison, ils atteignent 10 440 euros pour un étudiant universitaire, et jusqu’à 15 730 euros pour ceux d’une classe préparatoire aux grandes écoles, selon la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp). L’une des propositions du ministère serait de rééquilibrer les budgets, en prélevant sur les écoles les plus dotées pour donner aux moins dotées, loin d’être la solution miracle pour les élèves.
Les assemblées générales se tiennent tous les deux jours
Côté enseignement, les enseignants tirent aussi la sonnette d’alarme. « Nous sommes presque à un point de rupture », alerte Marie Gaimard, enseignante titulaire à l’Ensa de Normandie depuis 2019. « Nous sommes confrontés à une multiplication des tâches administratives pour pallier le manque de personnel », explique le maître de conférences en histoire et culture de l’architecture, qui dénonce » DIY « .
Le ministère aurait proposé la création de deux CDD de six et douze mois, loin des besoins réels, selon le professeur. « Les enseignants ont calculé : pour fonctionner normalement, il faudrait 19 équivalents temps plein de plus et une augmentation de 70 % des effectifs actuels. »
Depuis, enseignants et élèves se sont organisés. Les assemblées générales se tiennent tous les deux jours. Des ateliers et des actions sont organisés, comme la construction d’un…
Lire la suite de l’article sur nouvelles-dujour.com






