Pourquoi avez-vous refusé de rencontrer le premier ministre à son arrivée le 11 mai ?
Je n’ai pas fixé mon agenda sur le sien. Depuis le début de l’année, avec plusieurs députés outre-mer, nous sollicitons un entretien avec Elisabeth Borne pour évoquer les enjeux auxquels sont confrontés nos territoires. Nous n’avons à ce jour qu’un seul motif d’irrecevabilité. Elle nous a dirigés vers notre ministre de tutelle, qui est Gérald Darmanin. C’est une déception alors que nous étions 17 parlementaires à nous être réunis en Guyane, à travailler sur des propositions qui répondent aux réalités des Outre-mer. Cette fin d’irrecevabilité, nous l’avons reçue comme une nouvelle marque de mépris.
Par ailleurs, je m’étais engagée depuis de longs mois à assister au colloque de la Fondation Abbé Pierre sur les femmes et le mal-logement, ce 11 mai. Je dois intervenir, et il me semble plus indispensable de parler des problèmes de logement à La Réunion que de participer à une visite solennelle d’Elisabeth Borne. Mais je la verrai le samedi 13 mai, lorsqu’elle sera dans ma circonscription.
Que lui direz-vous ? Que pouvez-vous attendre de cette visite de trois jours ?
Je crois au dialogue. Si ce voyage nous ouvre les yeux sur certaines de nos réalités, pourquoi pas. Mais je ne suis pas naïf, et les gens non plus. Nous n’avons pas oublié la réforme des retraites, ni le fait que les territoires d’outre-mer ne sont pas pris en compte. Cependant, il y a des urgences. Nous avons alerté sur le fait que La Réunion est le territoire où les pensions de retraite sont les plus faibles de France, hors Mayotte. Un retraité réunionnais gagne en moyenne 28% de moins qu’un retraité français. Nous n’avons pas été entendus malgré nos mises en garde à ce sujet.
Parmi les préoccupations, la question du coût de la vie vient au premier plan. Qu’avez-vous l’intention de demander au premier ministre à ce sujet?
Je regrette que le problème de la vie chère ne fasse pas partie du programme du Premier ministre. Il y a une commission d’enquête parlementaire sur le coût de la vie à l’étranger. En fonction des auditions, nous ferons des propositions. Mais ce que je demande depuis longtemps à Elisabeth Borne, c’est de mettre fin à cette situation de duopole qui fait grimper artificiellement les prix à La Réunion. Nous avons des surcoûts structurels, liés à l’éloignement de la France et à l’insularité, que nous ne maîtrisons pas. D’autre part, l’Etat peut agir sur les nécessités de base. Si notre TVA est réduite, elle n’est pas totalement supprimée. C’est un levier que nous pourrions actionner. L’État est aussi en mesure d’exiger plus d’efforts de la CMA CGM (compagnie maritime, ndlr) : les profiteurs de la crise s’en sont remplis les poches ces dernières années. Nous aurions un troisième levier à travers la création d’une cellule de…
Lire la suite de l’article sur nouvelles-dujour.com






