Cameroun Actuel

À la découverte de Foulassi, le berceau de l’hymne national du Cameroun

Foulassi, petit embranchement en terre, à quelques 5 km de la sortie nord de Sangmelima, région du Sud.

Foulassi, troisième station de la mission presbytérienne américaine est un témoin privilégié de l’histoire du Cameroun. Les hommes de Dieu, toutes nationalités confondues y installèrent une paroisse et une école primaire. Et plus tard une école normale pour former des enseignants.

Dans ce vaste complexe estimé à plus de cent hectares, ces missionnaires formaient des brillants esprits venus de tous les coins du Cameroun. Parmi lesquels, René Jam Afan et Samuel Minkyo Bamba respectivement auteur des paroles et compositeur de ce chant de ralliement devenu plutard l’hymne national du Cameroun.

Petite visite guidée

Sur le site, la salle de classe que ces deux génies et leurs camarades occupaient, est encore en bon état. Elle a été réhabilitée en 2014 par l’État du Cameroun. Elle est aujourd’hui, la bibliothèque de l’institut supérieur Camille Chazeau, structure universitaire de l’église presbytérienne Camerounaise qui a remplacé la mythique école normale de foulassi.

Toutefois, faute d’entretien, certaines infrastructures de ce complexe, à l’instar des dortoirs et de l’hôpital, sombrent dans la désuétude. À certains endroits, la forêt équatoriale a repris ses droits. Un visage peu reluisant qui appelle à un devoir de mémoire.

Malgré les actions de l’État et de l’élite locale, il en faut toujours plus pour redorer le blason de ce site mythique qui nous aura légué notre plus grand héritage, l’unité.

Hymne national du Cameroun

Foulassi est peuplée de Bulus du clan Yembong. Ce village est la station relais de la mission presbytérienne Cameroun mais est surtout connu pour être l’endroit où est né l’hymne national camerounais.
En 1928, l’Ecole Normale de Foulassi est dirigée par un pasteur français, le révérend Camille-Armand Chazeau. Les élèves de fin de formation doivent rédiger un devoir dont le sujet est : « Exprimer votre espoir en l’avenir du Cameroun ». Chacun écrit puis lit son devoir, les meilleures pensées sont notées sur le tableau.
Parmi ces étudiants se trouve un poète, René Jam Afane, qui fait la synthèse de toutes ces phrases et compose un poème de deux strophes intitulé « Le Chant de ralliement camerounais ». Samuel Minkyo, musicien de cette même promotion, en compose la musique.
« O Cameroun berceau de nos ancêtres
Autrefois tu vécus dans la barbarie.
Comme un soleil tu commences à paraître
Peu à peu tu sors de ta sauvagerie.
Que tous tes enfants du Nord au Sud ;
De l’Est à l’Ouest soient tout amour
Te servir que ce soit leur seul but
Pour remplir leur devoir toujours
Refrain :
Chère patrie; terre chérie;
Tu es notre seul et grand honneur
Notre joie et notre vie,
A toi l’amour et le grand honneur
Tu es la tombe ou dorment nos pères
Le jardin que nos aïeux ont cultivé.
Nous travaillons pour te rendre prospère ;
Un beau jour enfin nous serons arrivé.
De l’Afrique soit fidèle enfant
Et progresse toujours en paix
Espérant que tes jeunes enfants
T’aimeront sans borne à jamais »
Le « Chant de ralliement camerounais » fut adopté comme hymne national du Cameroun (loi du 5 novembre 1957). Seules les 4 premières phrases du premier couplet furent modifiées de l’original (loi du 20 mai 1970) par :
« O Cameroun berceau de nos ancêtres ;
Va debout et jaloux de ta liberté
Comme un soleil ton drapeau fier doit être
Un symbole ardent de foi et d’unité.
Que tous tes enfants du Nord au Sud ;
De l’Est à l’Ouest soient tout amour
Te servir que ce soit leur seul but
Pour remplir leur devoir toujours »

Partager

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on telegram
Share on email

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire aussi