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A Grenoble, les blouses blanches sont fatiguées mais debout

Correspondant.

« Les bras ! Des lits ! Pour te guérir ! » A Grenoble (Isère), ce mardi 31 janvier, les slogans anti-réforme des retraites font écho aux slogans de soutien à l’hôpital public. Dans le cortège, qui rassemble 40.000 personnes, selon les organisateurs (20.000 selon la police, en hausse depuis le 19 janvier), plusieurs dizaines de salariés défilent derrière la banderole intersyndicale du CHU Grenoble-Alpes. Ancien employeur de l’ancien ministre de la Santé, Olivier Véran, aujourd’hui porte-parole du gouvernement, le site est le théâtre depuis début décembre 2022 d’un mouvement de grève illimitée contre la réduction des moyens alloués à l’hôpital public, et pour l’ouverture de nouveaux lits et blocs. Retraites, hôpital, même combat, martèlent les manifestants : la réforme risque de miner davantage l’attractivité d’un secteur en crise, qui souffre d’un sous-investissement chronique et de conditions de travail de plus en plus dégradées, expliquent-ils.

« Il y a un tas de douleur et de fatigue qui fait craquer les gens à un moment ou à un autre. Dans tous les départements, il y a de plus en plus de travail. Dans ces conditions, il n’est pas imaginable de travailler plus », soupire Mehdi, ambulancier qui traverse le cortège muni d’un Thermos à café qu’il offre volontiers à qui veut se réchauffer les mains. A ses côtés, son collègue Sébastien, 52 ans, abonde. Il a fait ses calculs : même s’il bénéficie du dispositif de carrière longue, car il a commencé à travailler à 17 ans, il devra continuer jusqu’à presque 62 ans si la réforme des retraites passe. « J’ai trente ans d’ambulance derrière moi, portant des charges toute la journée. Mes genoux sont abattus, mon dos est abattu. Je suis fatigué « dit le quinquagénaire, vêtu d’une blouse blanche sur laquelle il a collé un autocollant FO.

« Je suis peut-être passionné par mon métier, il y a des limites »

« Nous essayons de retenir le personnel, mais nous ne pouvons pas contenir l’hémorragie. Chaque jour, nous recevons des appels de personnes qui souhaitent licencier ou démissionner. Si on allonge la durée des carrières, ce sera encore pire.déplore Élisabeth Guillemin, secrétaire adjointe de la CGT et de l’aide sociale au CHU. « Un jour, personne ne voudra nous remplacer », prédit, inquiet, un soignant de 36 ans. On croise cependant quelques aspirantes venues grossir la masse des manifestants, comme Maëlys, 21 ans, étudiante infirmière, stagiaire au CHU… et gréviste. « Je suis peut-être passionné par mon travail, mais je pense qu’il y a des limites. Ce n’est pas parce que c’est un métier de soin qu’il faut tout accepter »elle respire.

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