Cameroun Actuel

Le marché noir de l’industrie du dénigrement politique

Disons-le d’emblée, les Etats sont en relation de commerce international. À ce titre, ils sont liés par une relation d’intérêt qui peut quelque fois conduire à la concurrence déloyale ou à des ruses en vue d’acheter à vil prix.

Dans cette perspective, il y a une ruse, mieux une tromperie sur la marchandise lorsque certains concurrents internationaux distillent des inexactitudes sur l’Afrique et le Cameroun en particulier, en vue d’obtenir que notre pays soit mal noté par les Agences Internationales de notation. Ce qui aura pour finalité de nous présenter comme pays à risque et donc inéligible au crédit. Cela a pour conséquence que là où ces pays empruntent à un taux d’intérêt moindre, les nôtres seront à un taux d’intérêt usuraire.

Sortant du somnambulisme d’une opposition néocoloniale ignorante, je me suis toujours posé la question de savoir pourquoi des États concurrents dépensent l’argent de leurs contribuables pour soit disant aider les ONG africaines ? C’est un investissement qui conduit à un retour sur investissement. Nos concurrents internationaux prétendent par exemple que nos pays sont tellement pauvres que les populations vivent avec moins d’un dollar par jour (I).

Dans la même veine, certains des sous-traitants africains de leurs succursales locales, masquées derrière des ONG des droits de l’homme notamment, pour diaboliser nos régimes, adossent leurs études en Afrique sur des modèles importés au point de corrompre la notion du SMIG (II) pour diaboliser nos Etats.

A la manière des églises réveillées qui font commerce de l’espoir d’une vie meilleure au ciel, ils installent une industrie de la pauvreté et de la misère des peuples à travers laquelle ils distillent dans la mentalité des Africains qu’ils sont pauvres.

I. le niveau de vie : un concept instrumentalisé

L’une des plus grandes ruses en ce siècle est de faire croire aux Africains qu’ils sont les damnés de la terre alors que l’Afrique est le continent le plus riche au monde, tellement riche qu’elle est la convoitise des prédateurs de tous les horizons. Mais pour appauvrir l’Afrique, il faut d’abord appauvrir le cerveau de son peuple, c’est à dire amener son peuple à penser pauvrement, à ne plus réfléchir à comment exploiter les richesses de l’Afrique. Appauvrir le peuple, c’est lui dire chaque jour que l’eldorado est ailleurs et ainsi le faire partir afin d’exploiter ses nombreuses richesses.

Leur modus operandi est de faire croire à la jeunesse que nos pays sont mal gouvernés et ainsi, inciter notre redoutable jeunesse dont ils craignent la vitalité, à partir avec son génie servir ailleurs. Ainsi, les pays concurrents déloyaux ne viennent plus chercher des jeunes pour la main d’œuvre en Afrique, ils les appâtent comme le ferait le pêcheur du poisson et attendent sur place les travailleurs que les nouveaux esclavagistes noirs auront convaincus « d’aller en aventure ».

La méthode de ces nouveaux esclavagistes noirs, rejoint celle de leurs « patrons-commanditaires », c’est-à-dire faire la propagande critique noircissant le pays et tous les efforts des gouvernants. Il s’agit ici d’un système bien huilé qui fonctionne à l’image des églises de réveil, comme déjà dit supra, qui surfent sur le désespoir provoqué, inoculé tel du poison dans le cerveau des populations pour faire le commerce de l’espoir, vendre le rêve d’un lendemain radieux là-bas, loin de chez eux.

Chaque année nos États sont délestés de plusieurs milliards investis dans la formation des jeunes qui s’en vont mettre le fruit de cette formation au service des pays qui n’ont rien dépensé pour les former. C’est un vaste marché noir de la capture des cerveaux africains.

L’argument spécieux qu’ils mettent souvent en avant pour attirer notre jeunesse dans le traquenard de l’immigration est que nos populations sont tellement pauvres qu’elles vivent avec moins d’un dollar par jour ! Pour mieux distiller ce poison mensonger, ces industriels du dénigrement disposent de relais, tant au niveau national qu’au niveau international dans la diaspora. Ainsi, des membres de la diaspora des pays africains notamment du Cameroun, se sont constitués pour donner de l’écho à ce message mensonger.

Beaucoup ont découvert le business lucratif du formatage des cerveaux à travers les réseaux sociaux qu’ils pratiquent désormais à titre de profession habituelle. Pour avoir de nombreux consommateurs de leurs produits nauséeux, ils font le commerce du dénigrement de leur pays pour gagner de l’argent à travers la monétarisation de leurs comptes Facebook et YouTube. N’importe quel quidam qui fait profession dans l’invective, l’injure, la diffamation et la salissure gagne jusqu’à 4000 dollars par mois dans l’industrie du dénigrement politique à travers les « directs Facebook » et autres plateformes numériques.

Mais lorsque ces institutions et organisations prédatrices, entrepreneurs du chaos, parlent de pauvre niveau de vie caractérisé par le fait de vivre avec moins d’un dollar par jour, ils se situent à partir de leurs supermarchés où ils s’approvisionnent. Ils savent bien qu’en Afrique, il y a très peu de supermarchés et que les supermarchés qu’il y a en Afrique et au Cameroun leur appartiennent. 80% de notre population vit loin des supermarchés, 80% de notre population vit de l’auto emploi.

Le bendskineur ne vit pas avec moins d’un dollar par jour, un dollar égal 500 F ou 600 F si on maximise. Une bouteille de bière coûte 600 à 700 F et on vient dire à ces gens-là capables de vider un bar qu’ils vivent avec moins d’un dollar par jour, et ils sont les premiers à accepter. Aucun d’entre eux ne boit pas moins d’un casier par jour et ils sont les premiers à répéter la leçon prédatrice qu’ils vivent avec moins d’un dollar par jour. Ces manipulateurs qui le disent ont-ils intégré dans leurs études le prix d’un régime de plantain que nous prenons derrière la case ?

Le régime de banane que nous coupons dans notre champ, le haricot que nous récoltons de notre petit jardin, le produit de notre pêche dans nos rivières, le gibier, le rat notamment qu’ils ne mangent pas, que nous attrapons ainsi que tous les aliments de culture maraîchère issus de notre jardin ? Est-ce qu’ils savent que nous pouvons préparer un repas copieux sans avoir besoin d’aller acheter quoique ce soit au marché ?

Il est donc temps de déconstruire ces fausses idées-armées pour corrompre le cerveau de notre jeunesse et lui distiller ce genre de mensonge pour décourager les peuples africains en leur disant qu’ils vivent avec moins d’un dollar par jour.

Il en est de même du travestissement de la notion du SMIG pour accuser nos gouvernements en leur attribuant une responsabilité qu’ils n’ont pas.

II. Le SMIG, une notion travestie

Le salaire minimum interprofessionnel garanti, SMIG, peut être défini comme une convention entre l’Etat et le patronat représentant de toutes les professions dans le but de fixer une borne inférieure pour la rémunération salariale d’un travailleur.

L’Etat est certes le régulateur, mais pas le responsable de la paie des salaires de tous les employés.

Beaucoup de gens se plaignent du fait que le SMIG soit de 36 000 F seulement au Cameroun et accusent le gouvernement d’en être le responsable, lui reprochant de maintenir le SMIG en l’état au lieu de le faire monter à 150 000 F. Il s’agit là d’une mauvaise lecture de la situation voire d’un détournement de la vérité pour ternir volontairement l’image du gouvernement.

Le SMIG est le salaire minimum interprofessionnel Garanti, que l’Etat garantit à un employé, en contraignant l’Employeur à ne pas lui payer un salaire en dessous de celui-là. Ici l’Etat est le gendarme qui protège sa population afin qu’elle ne soit pas exploitée par les patrons.

Dans aucun pays au monde l’Etat n’emploie plus de 10% de sa population. L’Allemagne qui est parmi les pays européens les plusa, développés emploie seulement 6% de sa population. Le Cameroun, jeune pays de 60 ans seulement emploie jusqu’à 3%. C’est le secteur privé qui emploie dans tous les pays au monde. C’est donc lui qui paie les salaires. C’est donc sur lui que pèse la fixation du montant du SMIG. C’est une hypocrisie de croire le contraire et d’incriminer le gouvernement dans cette affaire. Supposons que l’Etat fixe le SMIG à 150 000 F, est-ce que chacun s’engage à payer son personnel domestique à ce prix ?

Ce n’est pas l’Etat qui viendra payer les salaires dans l’entreprise. C’est le patronat qui emploie en majorité des ouvriers et les particuliers qui eux, emploient des travailleurs qui pèse de tout son poids dans la fixation du SMIG. Et nous savons depuis Émile Zola dans Germinal que les riches vivent richement parce qu’ils paient chichement leurs employés. L’Etat du Cameroun ne paie personne à 36 000 F. Le dernier des fonctionnaires catégorie D de la fonction publique est payé largement au-dessus du SMIG. Et s’il ne dépendait que de l’Etat le SMIG serait fixé à un minimum de 50 000 F.

D’où l’on voit que c’est le patronat en général qui exploite souvent le peuple qui pèse dans la fixation du SMIG. Le rôle de gendarme de l’Etat est très souvent occulté par les Entrepreneurs du dénigrement politique qui n’expliquent pas à leurs ouailles que l’État protège impérativement les populations contre certains patrons véreux qui veulent les réduire en esclavage pour s’enrichir toujours plus.

C’est pour assurer une certaine justice entre le patronat et le salarié que l’État a créé des inspections de travail dépendant du ministère du Travail et de la Sécurité sociale dont le rôle est de protéger à la fois les employés et l’outil de production de la richesse du patronat.

Il s’agit donc en définitive d’une question qui n’incombe pas à l’Etat, mais plutôt au patronat. Ce sont les patrons qui paient les salaires. Ce sont les patrons qui sont les pourvoyeurs d’emplois à travers les entreprises qu’ils créent, c’est eux donc qui influencent sur le montant du SMIG après discussion avec l’Etat qui est là pouf la régulation et qui a créé des structures pour protéger le travailleur. Si le patron est riche c’est parce qu’il a les employés pour fructifier son capital.

Ce sont les employés qui font la richesse d’une entreprise, mais certains patrons véreux ont tendance à ne pas vouloir payer au juste prix le salaire des ouvriers, les employés, et c’est pour cela que l’Etat doit intervenir pour garantir que notre peuple ne soit pas appauvri par les patrons. Voilà la vérité qu’il faut dire aux gens.

Une autre vérité est que le gouvernement subit une pression du patronat et doit préserver un équilibre entre le patronat, les employés et l’outil de production de la richesse. Le patronat paie des impôts, le patronat participe au budget de l’Etat et donc, l’Etat doit aussi protéger le patronat, sans toutefois sacrifier les employés. Il n’est pas acceptable que le patronat paupérise la population au motif qu’il paie des impôts. Nous avons besoin les uns des autres et le Cameroun a besoin du patronat ainsi que de ses employés. Les employés salariés forment une part importante de la population, et le Cameroun a besoin que §a population soit bien traitée.

Les entrepreneurs du dénigrement politique qui utilisent l’argument du SMIG dans le vain espoir de faire détester le gouvernement doivent savoir qu’une grande partie de la population vit en zone rurale et n’est pas employée de manière formelle. Elle excelle dans l’auto-emploi dans le secteur de l’informel. Les agriculteurs, les éleveurs et les artisans par exemple, ne figurent pas au nombre des personnes soumises au SMIG.

Le conducteur de moto-taxi ne vit pas du SMIG, le commerçant ne vit pas du SMIG, l’artisan ne vit pas du SMIG, le Bayam Sellam ne vit pas du SMIG, il ne faut pas généraliser le SMIG à toute la population comme le font les industriels du dénigrement politique, dans le but de faire détester le gouvernement et de conquérir ainsi l’électorat, ou dans le. but de s’accaparer de nos richesses au prix usuraire sur le marché international,

Momo Jean de Dieu, Président national du PADDEC

Partager

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on telegram
Share on email

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire aussi

“Tentative d’homosexualité” : les avocats de Shakiro et Patricia vont faire appel

“Tentative d’homosexualité” : les avocats de Shakiro et Patricia vont faire appel

Les défenseurs des droits de l'homme au Cameroun ont condamné la peine de cinq ans de prison prononcée à l'encontre de deux femmes transgenres pour "tentative d'homosexualité" et outrage public à la pudeur. L'avocat des deux femmes, qui ont été arrêtées pour avoir porté des vêtements féminins dans un restaurant, a déclaré qu'elles préparaient un appel. Dans une déclaration, Human...

Le Cameroun accueillera l’AfroBasket féminin 2021

Le Cameroun accueillera l’AfroBasket féminin 2021

Le Cameroun a été désigné par FIBA Afrique pour abriter l'AfroBasket féminin 2021. La compétition se déroulera au palais des sports de Yaoundé du 17 au 26 septembre prochain. L'annonce a été faite après la signature de l'accord d'accueil par le ministre camerounais des Sports, Kombi Mouelle, au nom du gouvernement camerounais. Le tournoi revient à Yaoundé pour la première...

Un incendie dans les locaux de Vision 4 à Yaoundé

“La forte pluie” à l’origine de l’incendie à Vision 4

Dans un communiqué radiopresse signé ce 13 mai par le chef de la division de la Communication du groupe l’Anecdote, l’on apprend que ledit incendie aurait été causé par la forte pluie. La nouvelle a vite fait le tour de la ville de Yaoundé et des réseaux sociaux. Un feu s’est déclaré dans le bâtiment abritant le groupe l’Anecdote à...

Covid-19 et Présidence : couacs et péchés capitaux de la Task force

Covid-19 et Présidence : couacs et péchés capitaux de la Task force

En s'arrogeant l'exclusivité de l'attribution des marchés, le casting des entreprises, le comptage des matériels, la présidence met en déroute le premier ministre, transforme le Minsanté en une simple caisse d'enregistrement, le ministre en garçon de course. Une correspondance du Minetat/Sgpr adressée le 20 avril 2021 au Ministre de la santé publique frappée de la mention « Très urgent »...