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Jean Bedel Bokassa

Jean-Bedel Bokassa est né le 22 Février 1921 à Bobangui, une petite terre située à 80 km de Bangui, dans la préfecture de la Lobaye, au Sud-Ouest de la République Centrafricaine. Le 13 Novembre 1927, Mindogon Mbougdoulou, le père de Jean-Bedel Bokassa et chef de terre de Berengo, est assassiné par l’administration coloniale.

Midongon fut condamné à la peine de mort pour avoir défié des colons en libérant des prisonniers qui servaient d’esclaves dans des plantations de cotons localisées sur ses terres. L’administration coloniale l’avait donc condamné et exécuté en publique pour décourager toutes autres révoltes ou tentatives de mutinerie contre la souveraineté coloniale.

Yokowo Marie, la mère du jeune Bokassa se suicide une semaine après l’assassinat de son mari. C’est alors que Mbalanga, le grand-père de Bokassa, prend en main la charge de son petit-fils et décide de préparer son avenir afin qu’il soit utile à son pays.

En 1927, Bokassa est admis à l’école Sainte-Jeanne d’Arc de Mbaiki. En 1928, il est transféré à l’école missionnaire Saint-Louis de Bangui dirigée par le Père Gruner. En 1929, ses succès scolaires lui permettent de gagner une bourse scolaire et d’être envoyé à l’Ecole Officielle de Brazaville au Congo ou il termine ses études. En 1939, au début de la première guerre mondiale, il suit le conseil de son grand-père Mbalanga et s’engage dans l’armée Française.

De 1939 à 1945, il combat aux côtés du Génréral Delange sous les ordres du Général de Gaulle. Ayant l’esprit de sacrifice, il décide de ne plus quitter l’armée, y reste jusqu’au 1er janvier 1962 et totalise donc 23 ans de services sans interruption.

‘ Ces 23 années de services se sont concrétisées dans deux grandes guerres: Celle de 1939-1945 et celle d’Indochine, qui lui ont valu le grade de Capitaine après plusieurs concours, brevets et diplômes brillamment obtenus. En 1959, il revient en Centrafrique comme officier de l’armée Française, au titre de l’assistance militaire pour créer l’armée Nationale Centrafricaine. Son oncle Barthélémy Bbganda est alors président de la jeune République Centrafricaine.

Lorsque Barthélémy Boganda est tué dans un crash d’avion en 1959, David Dacko, le cousin de Jean-Bedel Bokassa, devient le nouveau président de la Centrafrique.

Craignant la popularité croissante de Jean-Bedel Bokassa au sein de l’armée nationale. David Dacko décide d’écarter son encombrant cousin avant qu’une menace contre son régime ne se concrétise. En Janvier 1965, il force Bokassa en exil en France au Cercles des Officiers, Place saint Augustin, Paris.

Sous la pression de l’armée, Bokassa revient à Bangui en Octobre 1965. Le 1er Janvier 1966 il organise un Coup d’Etat et force David Dacko hors de ses fonctions.

Le 4 Décembre 1977, par la volonté du peuple Centrafricain uni au sein du parti National MESAN, Jean-Bedel Bokassa devient Empereur de Centrafrique. En Janvier 1979, le premier ministre Henri Maidou, membre du gouvernement dirigé par Jean-Bèdel Bokassa, prend un décret exigeant le port de tenues scolaires à tous les étudiants de Lycées et de Collèges Centrafricains.

Ce décret incite la population mais surtout les étudiants à de grandes manifestations. En Août 1979, à la demande de Jean-Bedel Bokassa qui tenait à ce que toute lumière soit faite sur les accusations de massacre d’enfants portées contre lui lors des manifestations, une mission de constatation créée au sommet Franco-Africain de Kigali et constituée de 5 juristes africains désignés par le président Français de l’époque, Valery Giscard d’Estaing, fut déployée à Bangui. Cette mission avait pour objectif de faire une enquête sur les rumeurs de meurtres d’étudiants qui protestaient dans la capitale Centrafricaine.

Le 15 Août 1979, le rapport final de cette Mission de Constatation reconnaît l’innocence de Jean-Bedel Bokassa dans les évènements de Bangui. Sous la pression du président français Giscard Valery d’Estaing et d’adversaires politiques Centrafricains désirant la chute de l’Empereur, ce rapport fut modifié afin de justifier un Coup d’Etat que la France envisageait déjà.

Du 2 au 20 juillet 1979 – Roger Delpey, journaliste écrivain et ancien combattant puis correspondant de guerre en Indochine, conduit de son côté des investigations qui prouvent de façon indiscutable que Bokassa n’était impliqué ni dans les manifestations de janvier 1979 ni dans les «massacres» d’avril 1979 .

Le 21 Septembre 1979, lors d’une visite de l’Empereur en Libye chez le Colonel Kadhafi, la France sous les ordres de Giscard d’Estaing met à profit son absence de Bangui pour organiser un Coup d’Etat nommé “Opération Barracuda”. Ce Coup d’Etat enlève Bokassa du pouvoir et impose David Dacko aux Centrafricains comme le nouveau président. Jean-Bedel Bokassa est forcé en exil en Côte d’ivoire puis en Frânce.

Il revient de son propre gré en Centrafrique en Octobre 1986 après-avoir été condamné par contumace. A la suite d’un long procès, il est acquitté de l’accusation d’anthropophagie et de massacre d’enfants frivolement faites ‘contre lui par la presse et ses adversaires politiques.

Sur les quatorze chefs d’accusation portés contre lui, cinq sont retenus et les neuf autres rejetés pour absence de preuves. Sous la pression de la France, il est condamné à la peine capitale le 12 juin 1987.

Sa peine de mort fut commuée en détention à perpétuité puis à 10 ans de réclusion. Jean-Bedel Bokassa fut libéré de prison le 1er Septembre 1993. Il meurt le 3 novembre 1996 à Bangui. L’Armée Centrafricaine qu’il avait fondée en 1959 lui offre des obsèques militaires. Cette même armée escorte son corps de la capitale centrafricaine, Bangui, jusqu’à Bérengo, la terre de ses ancêtres sur laquelle il repose.

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