Cameroun Actuel

Tentative de déstabilisation du Cameroun : Le Gicam tombe le masque

Le mouvement des hommes d’affaires, que dirige Célestin Tawamba, en éconduisant la délégation dépêchée auprès de lui par le ministre d’État, ministre de la Justice, garde des Sceaux, Laurent Esso, cherche à ouvrir un nouveau front de crise dans le pays.

Le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam) aura, à la surprise de bien des observateurs, annulé la rencontre d’échanges du 16 avril, programmée à Douala entre les opérateurs économiques et le gouvernement. Dans une correspondance adressée la veille au ministre d’État, ministre en charge de la Jqstice (Minjustice), garde des Sceaux, le président de cette institution, Célestin Tawamba, exprime le «regret de ne pas pouvoir accueillir» la délégation dépêchée à cet effet et qui était conduite par le ministre délégué au Minjustice, Jean de Dieu Momo.

Pour le patron des patrons, la rencontre était prévue avec M. Esso et personne d’autre, toutes les communications y relatives en [aya]nt fait état». Le Gicam se dit néanmoins toujours disposé à accueillir cet interlocuteur, à une autre date à sa convenance.

A en croire une source digne de foi à la chancellerie, jusqu’à vendredi dernier au soir, et probablement ce lundi, 19 avril, la lettre du Gicam n’était pas encore parvenue à son principal destinataire. Destinée à une haute personnalité de la République, l’auteur, sans doute par de petits calculs cyniques, l’a pourtant fait fuiter sur les réseaux sociaux, où le document nourrit, depuis lors, les débats qui refluent jusque dans certains médias.

C’est que, la fixation faite par le patronat sur l’individu Esso intrigue. La personnalisation des questions institutionnelles, par lui, avec en première ligne son président, amène à se demander s’il ne se cache pas des batailles d’arrière-garde au sein du sérail, dont Laurent Esso ne serait qu’une victime expiatoire.

De plus, à travers cet acte, le patronat franchit un nouveau cap dans sa défiance vis-à-vis des institutions camerounaises. Ils sont en effet nombreux, au sein de l’opinion, à ne pas comprendre cette sortie irrévérencieuse doublée d’un manque d’élégance républicaine. Dans sa “quête permanente d’un dialogue franc et sincère” avec les autorités publiques, le Gicam est censé avoir pour interlocuteur la personne morale qu’est l’État, lequel a des représentants légaux dûment désignés. C’est dire si la réaction du Gicam est à la fois maladroite, insensée et contre-productive.

Surenchère. Parce qu’il sait la place centrale qu’occupent les créateurs de richesse dans sa quête de l’émergence, le gouvernement accorde une attention particulière à ce levier indispensable de l’économie nationale. «Le Conseil exécutif se félicite de la prise en compte, par le chef de l’État, des doléances du Gicam en faveur de la dette des PME et de leur accès au crédit», déclarait M. Tawamba en début 2018.

Dans la même mouvance, en visite d’État en Chine du 22 au 24 mars suivant, le président de la République avait embarqué Célestin Tawamba dans sa délégation officielle. Le 13 avril de la même année, le même Célestin Tawamba, à la tête d’une équipe de 6 personnes, était reçu en audience au Palais de l’unité par le secrétaire général adjoint de la présidence de la République, Elung Paul Che.

Mais cela n’a pour autant pas mis fin à la surenchère du successeur d’André Fotso. Dans le cadre du dialogue secteur public/privé, le président du Gicam aura, à diverses reprises, exigé d’être reçu en audience par le chef de l’État en personne.

Dans cette posture arrogante qui s’apparente à du chantage, M. Tawamba et les siens avaient déjà boycotté la semaine de travail organisée du 15 au 20 février 2021 à Douala par la direction générale des Impôts. Ils prenaient pour prétexte le fait d’avoir reçu leur carton d’invitation le 13 février, pour une rencontre prévue le 16 suivant.

Avec le cas Laurent Esso, ils confirment l’agenda caché que certains leur prêtent. Celui-ci, de sources introduites, consiste à rechercher des points de vulnérabilité du régime de Yaoundé, et ainsi créer un nouveau front de crise sociopolitique à même de déstabiliser les institutions du pays. Et Laurent Esso, fidèle parmi les rares fidèles de Paul Biya, aurait pu être une bonne entrée en matière pour fragiliser le pouvoir. Un proverbe le dit si bien, « quand on veut atteindre un homme, on s’en prend à son chien ». A méditer !

La Météo

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