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Financement de l’économie : Le Gicam et les banques en concertation

Réunies à Douala le 14 avril dernier, les deux parties ont planché sur les voies et moyens d’un meilleur apport dans le contexte de la pandémie à Covid-19.

L’argent, dit-on généralement, n’aime pas le bruit. Mais le 14 avril dernier, le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (Apeccam) et les banques se sont retrouvés au siège du Gicam à Douala, « pour faire du bruit autour de l’argent », selon le mot du président du Gicam, Célestin Tawamba.

Pour cette grande première entre ces acteurs majeurs de l’économie nationale, rien ou presque n’a été laissé de côté, tant les récriminations, les suspicions, les accusations que se portent les uns et les autres sont tenaces.

Célestin Tawamba, s’exprimant au nom du patronat, a mis les pieds dans le plat de problèmes structurels et conjoncturels (taux de crédit à l’économie faible, sur liquidités des banques, inadéquation entre financement et ressources, crises des devises, taux de transfert élevés, transferts bloqués, etc.). Autant de choses que les chefs d’entreprises ne comprennent pas et trouvent « inadmissibles ».

Comment comprendre que la Beac demande aux chefs d’entreprises de négocier avec les banques alors que ses comptes sont créditeurs ? Comment comprendre que les banques n’arrivent pas à tirer les 500 milliards mis à leur disposition par l’Etat ? Des situations qui font trinquer les entreprises et s’accentuent encore à l’aune de la pandémie à Covid-19. Et de souhaiter trouver ensemble des solutions pragmatiques en faisant chacun preuve de bonne foi, innover et s’adapter à la situation en sortant chacun de sa zone de confort et faire des propositions à l’Etat.

Répondant au président du Gicam, Alphonse Nafack, président de l’Apeccam, a mis l’accent sur les liens indissolubles entre les deux parties. Ce qui unit, a-t-il tenu à rappeler, doit être plus fort que ce qui divise. II s’agit désormais d’agir autrement et de manière concertée pour répondre aux attentes. Réfléchir ensemble pour un plaidoyer solide aux pouvoirs publics, d’autant que la problématique de la rencontre est le troisième obstacle à l’entrepreneuriat, après la fiscalité et les tracasseries administratives. La plate forme Gicam-Apeccam se doit dorénavant être un modèle pour répondre aux préoccupations des uns et des autres.

Et des solutions ont été esquissées : revoir l’architecture bancaire au Cameroun, l’environnement, la coordination des programmes économiques, les instruments d’atténuation des risques pour mieux traquer ceux qui pourrissent l’atmosphère entre banques et entreprises, le renforcement de l’inclusion financière, la simplification des procédures d’octroi des crédits, le renforcement des compétences managériales des chefs d’entreprises (80% d’entre eux ne tiennent pas de comptabilité), la mise en place de plateformes pour réduire l’asymétrie d’informations…

Cameroon tribune

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