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Polygamie : elle veut désheriter le fils unique de sa coépouse

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Polygamie : elle veut désheriter le fils unique de sa coépouse

Polygamie : elle veut désheriter le fils unique de sa coépouse

Elie estime que sa rivale s’est fait fabriquer un faux acte de naissance pour introduire son enfant comme cohéritier de l’ancien chef de la communauté Batcham.

L’homme qui les a aimées n’est plus de ce monde, mais leur rivalité n’a pas pris une seule ride. Augustine Matsingoum, ménagère, et Joséphine Ndjama; chercheuse au ministère de la Recherche scientifique, sont à couteaux tirés.

Elles se déchirent autour de la succession de leur défunt mari, Luc Sa’a, un ancien commissaire divisionnaire de police et ex-chef de 4a communauté Batcham situé dans le département des Bamboutos, décécfc le 10 septembre 2010.

La première citée doute de la filiation de l’unique fils que son adversaire dit avoir fait avec l’ex-fonctionnaire de police. H s’agit de Steven Sa’a Dong, 25 ans, ingénieur pétrochi-miste, employé dans une grande compagnie pétrolière internationale.

Alors que les notables Batcham ont désigné ce dernier «successeur coutumier» de Luc Sa’a, sa parenté avec son supposé père est fortement contestée par certains membres de sa famille. En effet, Mme Matsingoum a porté plainte contre Mme Ndjama pour les supposés faits de complicité de faux et usage de faux.

Elle prétend que sa rivale a tenté d’insérer son fils contesté dans la succession Sa’a en falsifiant l’acte de naissance du concerné. Comment ? En faisant passer feu Sa’a pour père de Steven Sa’a Dong. La défense n’y voit que du «tribalisme» au motif que l’accusée et son fils paient leur appartenance à l’ethnie Bafïa.

Ce mardi, 12 mai, la Cour d’appel du Centre va, sauf report, prononcer son verdict dans la bataille des Sa’a. Déjà, le 26 septembre 2014, c’est Mme Ndjama qui avait remporté le premier round devant le Tribunal de grande instance (TGI) du Mfoundi en se tirant d’affaires avec un acquittement pour faits non établis. Le jugement est attaqué.

Les arguments avancés par chaque camp devant la Cour, le 10 mars dernier, permettent de comprendre l’origine de la brouille. Le défunt a scellé deux unions devant le maire au régime polygamique notamment Augustine Matsingoum, la première femme, avec laquelle il a fait cinq enfants, et Joséphine Ndjama, un enfant.

Cachets différents

Pendant son interrogatoire, Mme Matsingoum avait expliqué avoir démasqué les anomalies décriées lors de la procédure de jugement d’hérédité de son mari qu’elle avait initiée. Si, en montant cette procédure judiciaire, elle avait inscrit le nom de l’enfant contesté comme cohéritier du défunt au même titre que ses enfants, elle prétend avoir décelé quelques anomalies sur la filiation de «Sa’a Dong.

En effet, dans le premier acte de naissance dressé à la mairie de Yaoundé 1er, le fils contesté s’appelle Steven Dong, né le 8 septembre 1995, «père non déterminé». Dans l’autre, établi le 15 septembre 1995, Sa’a est ajouté au premier nom de l’enfant et surtout Luc Sa’a est mentionné comme père de l’enfant.

Le numéro de la carte d’identité du défunt mari disputé porté sur la déclaration de reconnaissance de l’enfant était celui d’une carte périmée. L’autre argument avancé est que l’arrêté portant admission du défunt à la retraite ne fait pas allusion au fils de l’accusé pourtant cadet de sa fille mineure.

Bien que délivré le même jour, le 15 septembre 1995, les cachets apposés aussi bien sur l’acte de naissance que la déclaration de naissance dénoncés diffèrent d’un document à l’autre. Lors du jugement en instance, le tribunal avait effectué une descente à la mairie pour vérifier les registres d’état civil au centre de l’affaire. Les autorités municipales ont reconnu n’avaient bien retranscrit les volontés feu Sa’a dans leurs registres.

Ressemblance flagrante

La Cour avait invitée Mme Ndjama à se défendre. L’accusée raconte avoir fait la connaissance de son mari alors qu’elle n’avait que 16 ans et venait de passer le brevet. Luc Sa’a l’avait, un temps amenée à Bafoussam, puis l’a ramenée à Yaoundé et l’a inscrite dans un lycée en 1989.

Elle était aux bons soins de Sa’a qui louait une chambre pour elle et subvenait à tous ses besoins jusqu’en 1993, année de l’obtention de son Baccalauréat. De cet amour est né son unique fils. N’étant pas encore mariée, elle décidait de donner le nom «Dong Steven» à l’enfant.

Alors qu’elle avait déjà fait la déclaration de naissance à la mairie, Luc Sa’a a revendiqué la paternité, exigeant que son nom soit adjoint au nom «Dong» pour que l’enfant porte le nom Steven Sa’a Dong. Pour cette formalité, il avait deux témoins.

Neuf ans après son mari l’amenait sceller leur union devant l’officier d’état civile. Le mariage avait été célébré à la mairie de Goufan dans le Mbam et Iftoubou, le 11 décembre 2004.

Ils ont vécu ensemble jusqu’à son décès dans le domicile du couple. Pendant leur vie commune, ajoute Mme Ndjama, le défunt mari s’occupait de l’enfant, assistait aux réunions des parents d’élève et signait les bulletins de son fils, qui a obtenu tous ses diplômes sous le nom Steven Sa’a Dong passait régulièrement les vacances chez les grands-parents paternels. Elle précise que lorsque M. Sa’a participait à une mission onusienne au Congo, il avait fait établir un passeport à son fils qui l’y a rejoint. Selon elle, si le nom de son enfant ne figure pas dans l’arrêté de mise à la retraite de son mari, c’est simplement parce qu’elle l’avait aligné à la Cnps.

Parmi les éléments de preuve versés aux débats par la défense, il y a, entre autres, les diplômes et les bulletins de l’enfant, un extrait du journal de la communauté Batcham à Yaoundé. Mais, surtout, des photos pour montrer qu’il existe une «ressemblance flagrante» entre «Dong Sa’a» et le fils ainé de la plaignante.

Le ministère public a prié la Cour de confirmer le jugement attaqué. Me Kenfack, l’avocat de Mme Matsingoum, a, pour sa part, estimé que le faux est établi parce qu’il y a deux actes de naissance pour un même enfant.

Et d’insister que la seule personne qui avait intérêt à commettre le forfait n’est autre que l’accusée. En réplique, Me Elise Dang, l’avocate de Mme Ndjama, estime qu’on ne saurait imputer à sa Cliente les erreurs commises par la mairie.

De plus, lors de l’intronisation de Luc Sa’a comme chef de la communauté Batcham. Le défunt a présenté à l’assistance ses six enfants et ses deux épouses. «Dites à ces dames que leur combat n’a plus d’objet parce que leur mari n’est plus», avait balancé l’avocate.

Source: Kalara

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