Cameroun Actuel

Développement du Cameroun : L’incontournable industrialisation

L’actualité impose tant la réflexion pour la résolution des soucis actuels que l’anticipation pour des lendemains meilleurs.

En plus de l’« Impact of the coronavirus (Covid-19) on the African economy » publié par l’Union africaine, la documentation disponible assène la même constance : les impacts socio-économiques du Covid-19 seront multiformes et longs et les efforts pour une croissance non végétative s’imposeront. L’une des solutions pourrait être l’industrialisation en vue du développement économique durable du Cameroun.

A l’instar des autres pays d’Afrique, le Cameroun devra notamment faire face à la chute drastique du prix du pétrole, aux difficiles conditions financières internationales, à d’importants chocs sur ses échanges, aux soucis inhérents à la pauvreté, au casse-tête budgétaire et à l’éternelle problématique de l’emploi.

A cela s’ajouteront la grande chute du niveau de la demande extérieure et le déficit en énergie électrique. En outre, non seulement le PIB réel chutera dangereusement, mais aussi le resserrement brutal et long des flux d’investissements augmentera la pression sur le système productif. Par conséquent, les arriérés augmenteront, les emprunts d’État s’accroîtront et la croissance plongera.

De même, le niveau du chômage augmentera du fait des difficultés réelles subies par différents secteurs tels les transports, le tourisme, l’hôtellerie, l’agriculture, etc… La vérité me, l’hôtellerie, l’agriculture, etc… La vérité t que l’économie nationale sera longtemps js tension, que le système de la dette finira par imposer l’émergence de nouveaux para->mes endogènes parce que ladite dette a plus difficile à honorer. Ceci rendra né-ssaire une révision radicale tant de notre ion de l’économie que de notre projection s demain.

nment dès lors permettre à l’Etat d’accom-?ner les entreprises des secteurs straté-ues (eau et énergie, transport, ports, etc.), soutenir l’économie notamment dans le cades prêts à long terme et de soutenir la ssance des entreprises du Cameroun par liais du capital-investissement ? Deux peuvent être explorées pour répondre à toute importante question. L’Etat peut no-iment décider que l’une de ses entreprises iées se mue en important bras de finan-lent efficace.

Ladite organisation serait s dotée de 100 milliards de francs CFA par mple pour le soutien contrôlé et rigoureu-lent suivi d’une dizaine d’entreprises sur tns et pour des montants compris entre millions et 4 milliards F CFA. Les secteurs tivité retenus seraient alors -dans un pre-temps- la santé, l’éducation et la forma-technique, l’agro-industrie, l’énergie, les sports, l’industrie et les institutions sérieuses de microfinance.

Les entreprise dédiée devrait s’investir réel-int dans le capital-investissement, déve-er le private equity et transformer les pectives du Cameroun en réalités. Elle ait aussi pouvoir s’inspirer des fonds d’in-issements spécialisés qui interagissent frique à savoir Afrilnvest, Helios Invest-t and Partners, LeapFrog Investments, this, etc…

Il faut en effet avoir présent à rit le, fait que, dans le cadre du private equityen Afrique, les levées de fonds ont atteint 2,7 milliards de dollars en 2018 (2,36 milliards d’euros au 31 décembre 2018), alors qu’on avait enregistré 2,4 milliards de dollars en 2017 et 3,4 milliards en 2016. En attendant que ce marché gagne en maturité, le Cameroun doit commencer à se faire des dents pour être en mesure de décupler le nombre et le volume des investissements dans un avenir proche.

A la lumière des conséquences visibles et imaginées des mesures de restriction auxquelles les acteurs économiques sont actuellement soumis, il va sans dire que l’industrialisation accélérée et transformatrice de l’économie et de la société camerounaise en vue d’un redressement économique durable constituerait la seconde piste qui serait le corollaire du passage du Cameroun au statut de pays à revenu intermédiaire de tranche supérieure.

la modernisation de l’appareil de production doit en effet s’inscrire dans le sillage d’une forte dynamique d’industrialisation visant à diversifier les sources de création de richesse et à transformer le Cameroun en pays industrialisé via l’intégration organisée de tous les secteurs d’activité et le développement de la manufacture.

Il en découlerait une augmentation d’au moins 60% de la production industrielle, une hausse du niveau des exportations de la production locale, une amélioration induite de la balance des paiements et une plus grande attractivité du pays. Le taux de croissance stagnant de 4% environ que le Cameroun a réalisé jusqu’à présent dégringolera sous peu et ce, pendant deux ou trois ans. Il ne sera donc pas propice au décollage économique.

Parce que notre pays est très loin du taux de 24% qui, s’il est atteint et est maintenu pendant une dizaine d’années, est susceptible de permettre au grand nombre de goûter les fruits de la croissance. Tous les efforts intellectuels, techniques, tactiques, diplomatiques, managériaux, fiscaux, politiques et globaux doivent tendre vers une réelle industrialisation du Cameroun. Et pour cause.

Selon les statistiques de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, le PIB par habitant du Cameroun est de 1.534 $ US et sa balance courante négative s’élève à -900 milliards de francs CFA. Si l’on suppose que la population du Cameroun pourrait être d’environ 40 millions d’habitants en 2030, on pourrait valablement considérer que les Camerounais n’ont pas encore pris conscience de leur responsabilité en matière de déficit de la balance commerciale de leur propre pays.

Le Cameroun importe en effet des millions de tonnes de tissus au moment où son industrie dédiée étouffe pour diverses raisons. Le Cameroun importe aussi du coton pour les hôpitaux, du maïs, des brosses à dent et des cure-dents, de l’essence, des lubrifiants et du gas-oil, des meubles en bois, du riz, des fleurs et du blé.

En un mot, les Camerounais n’ont pas encore compris et accepté qu’ils doivent produire ce qu’ils consomment et consommer ce qu’ils produisent. Il faudrait au demeurant que les politiques, les procédures voire les lois, les mesures et autres choix tendent notamment vers cet objectif impérieux.

Lorsque nous déciderons de compter sur nous-même en soutenant par exemple l’émergence d’un brasseur atypique, nous pourrons régulièrement consommer du Ndomba ou du Ndolè arrosé de moelleux de corossol, du vin de raphia pasteurisé, du vin de miel ou du vin d’hibiscus, fruits d’une usine de production de vins locaux.

Créer de la valeur ajoutée

Selon le magnat nigérian Tony Elumelu, l’industrialisation est une nécessité mais « nous ne pouvons pas espérer nous industrialiser si nous ne réglons pas le problème de l’énergie, si nos entrepreneurs dépensent leurs ressources pour alimenter leurs entreprises. Comment devraient-ils alors faire les investissements nécessaires pour se moderniser et s’industrialiser? Si nous ne nous attaquons pas à ces questions pertinentes, nous ne pourrons pas parvenir à l’industrialisation, à la création de richesses et à la réduction de la pauvreté ».

On se souvient que la firme d’audit et de conseil Bekolo & Partners a récemment dénoncé certaines dispositions de la loi de finances 2020 du Cameroun considérées par ladite firme comme « des freins à l’industrialisation et à l’investissement ».

Le créateur du cabinet Bekolo & Partners critiquait notamment les dispositions de la section « bénéfice imposable » qui stipulent que, pour obtenir le bénéfice net sur lequel l’impôt sur les sociétés est prélevé, il faut soustraire du chiffre d’affaires «toutes charges nécessitées directement par l’exercice de l’activité imposable au Cameroun».

Selon le cabinet éponyme, la nouvelle formulation de l’article 7 de la loi de finances 2020 réduit le volume des charges déductibles parce que les frais d’assistance technique et d’études relatives au montage d’usine qui êlaieni wustialts sans limitation sont désormais limités à « 2,5% du bénéfice imposable avant déduction des frais en cause » pour « limiter les risques d’évasion fiscale».

Une fois de plus, le Cameroun doit oser en s’inspirant du ralentissement de l’activité éco-nomique dans le monde, ralentissement consécutif au Covid-19. D’après la CNUCED, cette pandémie a en effet déjà causé environ 50 milliards $ US de pertes au niveau de la chaîne de valeur mondiale. Le Cameroun pourrait pour ce qui le concerne constater une perte de croissance de 3 ou de 4%, un solde budgétaire de 2,8 ou de 3,5% tandis que la dégradation de son solde courant serait de 1% environ.

Dieu seul sait alors à quel niveau se situera sa croissance économique. En tout cas, ces projections commandent que notre pays change de paradigme en optant définitivement pour son industrialisation et en imaginant notamment la fabrication de certaines composantes de ladite industrie en Afrique centrale, en Afrique australe ou en Afrique de l’Ouest ou du Nord.

En face, nous avons nos problèmes locaux. A gauche, l’impératif du remboursement des dettes intérieures et extérieures menace l’État en secouant le spectre des problèmes budgétaires. A droite, le chômage, les problèmes d’eau et d’énergie, les carences infra-structurelles, etc. rappellent par leur permanente acuité que l’heure est grave et qu’il est encore temps d’avoir le courage de développer les capacités internes de création de solutions de croissance inclusive.

S’il est vrai qu’il faudra, à un moment donné, accepter de faire le bilan des compétences des administrations qui décident sans tenir compte des avis des acteurs économiques et des différentes forces sociales, il n’en reste pas moins que les différents temples de formation de ce qui est considéré comme l’élite administrative doivent être auscultés dans le sens d’une véritable remise en question.

Il est par ailleurs désormais nécessaire de promouvoir l’industrie 4.0, le commerce électronique et l’économie numérique pour non seulement réduire la fracture numérique structurelle qui pénalise notre pays, mais aussi diversifier notre base productive et transformer localement celles de nos matières premières qui méritent de l’être en plaçant les jeunes au cœur de la politique de développement et donc d’industrialisation.

En élargissant la base productive camerounaise, l’Etat diminuera le niveau des déficits dits jumeaux, c’est-à-dire celui du déficit budgétaire et du compte courant de la balance des paiements. Or qui dit industrialisation suppose l’existence des ressources humaines et des ressources financières. D’où l’utilité d’un fonds d’Etat.

Le Cameroun pourrait en effet innover en décidant de créer un fonds d’Etat pour être en mesure d’assurer une épargne intergénérationnelle, de dégager des excédents de liquidités via différents actifs locaux et étrangers qui en feraient un puissant levier de financement de l’économie nationale sur la base de stratégies de long terme, d’accession dans le capital de grandes entreprises, de diversification du PIB, d’investissements dans les secteurs stratégiques et de soutien’ à l’industrialisation ciblée du pays.

Dans cet esprit, ce fonds d’Etat pourrait, sur la base d’une stratégie d’investissement per-tlnenle, concourir au financement de la diversification de l’économie nationale en soutenant le développement de grands projets industriels en vue de la diversification des revenus du pays et de la réduction des importations, encourager et faciliter l’industrialisation pour la transformation locale des matières premières, gage de la diversification de la base productive de l’économie, de la création des emplois et de la création de la valeur.

Ladite stratégie d’investissement créerait aussi des chaînes de valeur régionales pour certains biens de consommation à définir en fonction de l’intérêt national et confirmerait l’intérêt de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).

On pourrait en effet aussi imaginer que le Cameroun participe à la chaîne de valeurs mondiale du bois, de la bauxite, du manioc comme l’Afrique du Sud est devenue la locomotive africaine de l’industrie automobile dans la mesure où Toyota, Volkswagen, Ford, DaimlerChrysler, BMW et Toyota y fabriquent des composants et y assemblent leurs véhicules.

Pour que ce qui précède soit réalité et pour que l’industrialisation soit l’un des moteurs du développement du Cameroun, il faut un réel effort de remise en cause, une volonté politique forte plus un changement de perspectives et de dimension. Autant de paramètres à notre portée

Martin ABEGA, Administrateur de société

Source: Cameroon Tribune

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