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Coronavirus : devoir de solidarité

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Coronavirus : devoir de solidarité

Coronavirus : devoir de solidarité

Depuis plusieurs mois, le monde tout entier est secoué par la pandémie du Coronavirus, qui n’épargne aucune entité : des pays les plus riches aux pays les plus pauvres faisant fi des avancées scientifiques et technologiques, méprisant frontières géographiques et politiques, ne tenant compte ni des célébrités, ni de la couleur de la peau…. « Le monde s’effondre » comme aurait dit Chinua Achebe, l’écrivain Nigérian célèbre par le titre de son roman « Things fall apart ».

Le Cameroun, notre triangle national, non seulement n’en est pas épargné, mais semble n’en être qu’au début de la crise sanitaire qui a marqué un certain retard à toucher l’Afrique ; à telle enseigne que des Africains ont cru, pendant un moment, qu’ils étaient épargnés, immunisés contre cet ennemi invisible que certains croient encore aujourd’hui inventés par les Blancs ;et nous les Camerounais ; frondeurs de nature, en sommes encore à hésiter entre peur et incrédulité ;usant comme à l’accoutumé, de subterfuges et tricheries de tout genre pour contourner les mesures de protection édictées par nos dirigeants.

Par le biais de tous les médias existants, de nombreux messages sont diffusés pour sensibiliser tout le peuple camerounais ; mon message n’en sera qu’un de plus, j’espère pas de trop, pour insister sur le nécessaire devoir de solidarité qui nous incombe à tous : grands et petits, jeunes et vieux, femmes et hommes, quelque soit notre chapelle politique ou religieuse, quelle que soient nos origines ethno-tribales. Compte tenu de la gravité du sujet et du moment, le Cameroun a besoin de tous ses enfants pour mener ce rude combat engagé contre le coronavirus.

Les autorités politiques

Leurs responsabilités dans la société les placent aux premières loges du combat ; la protection du peuple est pour chacun d’eux une obligation, une priorité, à laquelle ils ne peuvent se soustraire ; et le peuple dont on s’est toujours réclamé sans grande conséquence attend.

Depuis le début de la crise, on assiste à une accélération dans l’action Gouvernementale : le chef de l’Etat, le Premier ministre, les chefs des départements ministériels, mettent tout en œuvre pour trouver des stratégies de riposte au virus ; cependant les médias relèvent – à tort ou à raison-une certaine cacophonie entre diverses structures, ce qui ne peut qu’être préjudiciable à l’efficacité de leur action.

Hésitations, contradictions, manque de concertation dans l’action auraient pu se justifier par le fait qu’une crise d’une telle ampleur est inédite ; pourtant un regard dans le passé montre que le Cameroun a déjà été secoué par d’autres épidémies : le VIH-SIDA, le choléra avec plus d’un épisode, le gaz du lac Nyos… Au terme de tous ces évènements, nous aurions pu mettre en place une structure multisectorielle de riposte aux catastrophes ; celle-ci serait chargée d’élaborer des stratégies qu’il suffirait d’activer en cas de besoin ; nous osons espérer que le Coronavirus nous servira de départ pour une organisation plus maitrisée.

De toute évidence, la coercition dans l’action est indispensable pour atteindre l’efficacité, aucune structure gouvernementale ne pouvant agir seule ; du reste l’organisation du gouvernement a prévu des missions pour chaque Département, et c’est dans l’apport de chacun que l’ensemble du gouvernement trouve sa force. Ainsi les mesures prises pour arrêter la propagation du virus pourraient être encadrées et mises en oeuvre.

Les responsables des partis politiques d’opposition ont leur part à jouer dans la partition, une part non négligeable : par leur veille et leurs critiques, ils représentent le contrepoids nécessaire dans toute société.

On assiste depuis peu à d’importantes initiatives de la part des élus locaux Toutes chapelles politiques confondues, dans le but de sensibiliser et soutenir les populations confrontées au risque de contamination par le COVID-19 ; nous pensons que l’émulation générée par les partis politiques en présence n’y est pas étrangère : quand la maison brûle ,tous les occupants s’unissent pour la sauver, laissant de côté rancœurs et autres inimitiés ; même le voisin le plus inamical prête main-forte.

C’est cette attitude qu’illustre le cessez-le feu de certaines factions de séparatistes anglophones, que l’on peut espérer voir se généraliser.

Il importe aujourd’hui de se donner une priorité : se mettre ensemble pour combattre le coronavirus et sauver notre peuple ; taire, au moins momentanément les différends et autres « guerres » qui dispersent nos énergies, est un impératif sans le respect duquel nous courons à perte.

Aussi voulons-nous suggérer très humblement que soient suspendus tout mouvement d’humeur, toute revendication politique, professionnelle, et que tous nos efforts soient focalisés sur la guerre contre le COVID-19.

Les scientifiques

Médecins, pharmaciens, chercheurs, infirmiers, aides-soignants… méritent que les camerounais leur soient reconnaissants, eux qui paient parfois de leur personne pour tenter de sauver les autres. Beaucoup est fait, mais beaucoup reste encore à faire. Ici encore, les actions individuelles seront sûrement moins porteuses que celles qui interpellent d’autres confrères.

Notamment en ce qui concerne les traitements à adopter, les gestes médicaux les plus indiqués… Dans certains pays, il est même fait appel aux étudiants en médecine, preuve que la participation de tous est devenue une nécessité.

Pourquoi ne ferait-on pas appel aux « tradi-praticiens » ? Peut être la solution pourrait-elle venir de notre médecine traditionnelle ! En l’état actuel des choses, rien ne doit être négligé, d’autant plus que notre population compte de nombreux adeptes aux méthodes traditionnelles. Guérisseurs, marabouts, et autres herboristes devraient tous être mis à contribution ; l’IMPM pourrait trouver là l’occasion idoine pour montrer ses découvertes et son savoir-faire.

La société civile

Notre pays dispose d’une importante expertise dans des domaines très variés, disséminé dans la société, mais qui n’a pas souvent l’occasion de s’exprimer : autorités traditionnelles, sociologues, artistes, penseurs, associations qui se comptent en milliers …

Chacun de nous a sa place dans ce combat général et commun qui s’est imposé à l’humanité. Les chefs traditionnels, les associations, chaque individu peut valablement contribuer au travail de sensibilisation, au respect des mesures de protection édictées par le gouvernement.

La couturière ou le tailleur du quartier participent déjà à la confection des cache-nez, quitte à ce que leur travail soit soumis à l’encadrement des officiels ; les écrivains, les musiciens, les artistes plastiques sont bien placés pour sensibiliser et interpeller leurs compatriotes.

Les différents média font un travail louable de communication par la diffusion massive des règles de protection contre le virus ; je me permets ici d’attirer leur attention en ce qui concerne les risques de dérapage : par exemple en voulant inviter le public à ne pas stigmatiser les personnes atteintes de GOVID-19, on utilise des mots tels que « dénoncer « , personnes’ ‘suspectes »… terminologie qui s’inscrit à l’opposée même du message voulu.

Je terminerai par les autorités religieuses, pour des raisons évidentes : le Prêtre, le Pasteur, l’imam sont indéniablement de puissants vecteurs de communication. Eglises, mosquées et autres chapelles ont souvent été en temps de crise, le dernier recours où les fidèles et mécréants trouvent refuge et raison d’espérer.

Devant le danger du coronavirus, même ces lieux de culte ont dû fermer leurs portes. Le « petit machin » a réussi à faire comprendre à l’humanité toute entière que nos richesses, nos avancées technologiques, nos prouesses scientifiques… « tout n’est que vanité des vanités ».

Il est grand temps que nous nous retournions vers une vie spirituelle ; une vie où nos égoïsmes, nos petits intérêts individuels, nos convictions de puissance, notre matérialisme, notre recherche de pouvoir cèdent la place à des valeurs communautaires plus positives.

Les Ministres de Dieu sont les mieux placés pour nous servir de guides spirituels. Je reste convaincue, pour ma part, que Dieu, de quelque nom qu’on l’appelle, ne peut pas rester sourd aux prières convergentes de ses créatures.

Il se tient divers sommets : des pays riches, des pays pauvres, des financiers du monde, des décideurs des grandes puissances, sans qu’il ne soit jamais fait appel aux guides spirituels. L’homme a-t-il créé le monde ? En est-il le maître ?

De nombreuses déclarations annoncent la catastrophe certaine en ce qui concerne les pays d’Afrique, alors même que les premières leçons à tirer de l’actuelle pandémie devraient pousser tous les humains à ce devoir de solidarité.

Le virus « chinois » hier n’est-il pas devenu plus meurtrier dans le pays de l’homme que l’on croyait le plus puissant du monde ? La pandémie du coronavirus invite l’homme à plus d’humilité ; alors, on pourrait accepter d’apprendre de l’autre, et c’est ensemble que les hommes et femmes de la terre pourraient se donner des chances de vaincre l’adversité,

*Dr Evelyne MPOUDI NGOLE Ecrivaine, PLEG à la retraite. Commandeur de l’Ordre National de la Valeur

Source : Cameroon Tribune

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