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Claude Abe : « drôle de pays où la foule et les masses veulent imposer aux universitaires leur timing »

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Claude Abe : « drôle de pays où la foule et les masses veulent imposer aux universitaires leur timing »

Claude Abe : « drôle de pays où la foule et les masses veulent imposer aux universitaires leur timing »

Beaucoup de personnes connaissent le Cameroun pour ses curiosités. Parmi les plus connues c’est que « le Cameroun c’est le Cameroun » à telle enseigne que si on te l’explique et tu dis que tu as compris alors tu serais un extraterrestre.

Pourtant des clés de lecture demeurent disponibles au-delà de la paresse intellectuelle ambiante et qui ne demandent qu’à être mobilisées pour apporter l’éclairage nécessaire à celui qui le souhaite vraiment. Ce qui signifie qu’il faut tordre le coup à la paresse analytique pour voyager dans l’ailleurs de cet autre Cameroun qui est porteur d’un projet de violence sur l’intelligence de ceux qui estiment en toute humilité avoir compris notre société.

Le Cameroun est en fait une drôle de société que l’on ne peut arriver à saisir qu’en s’obligeant soi-même au décentrement de la violence de l’inversion du regard car l’on se trouve en fait en présence d’un théâtre de la vie où les choses sont plutôt à l’envers. C’est pour cela que sa compréhension échappe à ceux qui lui appliquent les grilles d’analyse classiques, celles qui opèrent à partir de l’endroit.

Pour faire plus simple mon expérience d’entrepreneur de cause, les autres appellent ça leader d’opinion, m’a mis en présence de deux phases bien distinctes. Une première au cours de laquelle les masses, c’est-à-dire l’opinion, était à sa place et se laissait éclairer si je puis m’exprimer ainsi. Cette première séquence était marquée par l’admiration de mes modestes éclairages au point l’on se demandait si je suis un terrien. D’ailleurs à cette période personne n’avait jamais questionné mes origines ethno-tribales tant l’opinion se retrouvait avec facilité dans mes prises de position.

La seconde phase c’est celle où l’opinion a décidé de m’asservir comme si c’est elle qui était le maître de ma conscience pour soutenir une certaine révolution initiée par « les mauvais anges chassés du paradis » par leur ami que je connais juste parce qu’il gouverne ce pays. Et comme moi ainsi que ma capacité d’appréciation nous on n’a pas changé parce voyant avec lucidité que les mêmes acteurs, contre qui le devenir du Cameroun combat, se sont juste scindés en deux camps ayant chacun l’obsession compulsive du pouvoir.

Du coup l’opinion, qui selon Gaston Bachelard ne pense pas, veut m’exiger d’abandonner un précieux poste d’observation qui m’a valu tant d’efforts pour le suivre et le servir afin de continuer à être sa « star ». Évidemment que cela ne saurait se produire sauf si on me faisait une ablation du cerveau. Du coup, on sait désormais que je suis Eton du grand groupe Ekang- ce que j’assume avec joie en passant- et selon cette opinion d’ailleurs je n’ai jamais pensé juste car j’étais juste un petit opportuniste à la recherche d’un strapontin.

Toutes ces insultes parce que je suis resté fidèle à mes valeurs et que je refuse de me faire duper.

Je voudrais remercier l’opinion car elle est drôle et je respecte cette facilité avec laquelle il change en prenant la merde pour de l’or. Moi je resterai fidèle à mes combats, ceux d’une transformation en profondeur du Cameroun pour le bénéfice de tous ses fils, et ma modeste science indépendamment de tous les revirements de l’opinion. Je suis patient car je sais que l’opinion reviendra me retrouver sur le chemin qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

Vous comprenez pourquoi je milite pour la troisième voie entre les deux camps qui s’étripent aujourd’hui. Aucun n’emporte naturellement ma sympathie parce que dans leur for intérieur les acteurs qui les animent savent bien que leur lutte n’est nullement au service de la transformation en profondeur de ce pays qui mérite mieux.

Bon week-end aux dosoxophiles (amoureux de l’estime de l’opinion) juste pour vous faire comprendre que si vous voulez comprendre le Cameroun il faut divorcer d’avec votre affection pour l’opinion. C’est une preuve « qu’on peut expliquer le Cameroun » et vous comprenez si vous acceptez de quitter la facilité de la haine de la pensée propre à l’opinion.

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