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Dr Victor Kama : « Notre dispositif de riposte n’est pas statique »

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Dr Victor Kama : « Notre dispositif de riposte n’est pas statique »

Dr Victor Kama : « Notre dispositif de riposte n’est pas statique »

Des journées de travail interminables. Le coordonnateur du Centre régional pour la prévention et la lutte contre les épidémies et son équipe ont perdu le sommeil depuis la survenue du Covid 19 en décembre dernier en Chine. Il évalue dans cet entretien le dispositif de riposte contre le Covid 19 au Cameroun qu’il coordonne dans la région du littoral. Non sans éclairer la lanterne des populations qui se posent mille et une questions à propos de ce virus qui frappe très durement le monde entier. Aussi, rappelle-t-il les mesures d’hygiène à respecter pour empêcher la propagation du virus au Cameroun.

Qu’est-ce que le Covid 19 ?

Le Covid 19 est le nouveau Coronavirus qui est apparu en décembre 2019. C’est pourquoi on parle de 19 qui indique l’année 2019. C’est un virus Arm qui a une membrane. C’est un virus que nous connaissions avant, mais sous d’autres appellations.

Il y avait un qui était plus sévère que nous contrôlions, il s’agit du Syndrome respiratoire aigu sévère. Le nouveau Coronavirus est un virus qui existait mais qui est venu sous une forme qu’on ne connaissait pas. C’est pourquoi on parle de nouveau Coronavirus.

Comment contracte-t-on ce virus ?

Le Coronavirus à commencer à se transmettre entre les animaux, ensuite entre les animaux et les Hommes et aujourd’hui la transmission se fait entre les Hommes. Cette transmission entre les Hommes peut se faire à travers la salive.

Tenez, comme nous sommes assis là, distant d’un mètre l’un de l’autre, séparés par une table, même si vous êtes porteur du virus et que vous toussez devant moi, cela s’arrêtera quelque part sur la table. Je ne serai pas atteint.

Mais comme le virus peut survivre pendant 5 à 6 heures de temps, en posant mes mains sur la table, je vais porter le virus ; et lorsque je vais les porter au visage, à la bouche, je vais me contaminer. C’est la raison pour laquelle nous demandons aux gens de laver les mains régulièrement chaque fois qu’on passe d’une activité à une autre.

A la maison également, lorsque nous touchons les poignets des portes avec des mains sur lesquelles on a toussé, nous y déposons le vibrion et ceux qui viendront après nous, toucheront ces poignets et on aura une transmission manu portée. Une fois de plus, il faut laver les mains.

Les contacts intimes, les contacts étroits permettent également de transmettre la maladie.

Comment se manifestent les symptômes?

Ce sont les symptômes de la grippe. Le premier symptôme est la fièvre ; on a la fièvre ; ensuite une toux sèche, des larmoiements, te nez qui coule. A côté de cela, nous cherchons un indicateur qui est un lien épidémiologique.

C’est-à-dire qu’une personne ne peut pas rester dans sa chambre toute seule et faire la maladie. Il faut qu’il soit en contact avec une personne porteuse du virus ou qui fait déjà la maladie. Il faut donc toujours trouver ce lien épidémiologique.

Ça peut être une personne qui vient d’un pays à risque ; ça peut être quelqu’un qui a été en contact avec une personne détectée positive, ou alors quelqu’un qui a été en contact avec une personne dont on ne connait pas encore le statut, c’est un lien épidémiologique.

Que répondez-vous à ceux qui disent que le virus ne peut supporter une température de plus 20 “c ?

C’est une vue de l’esprit. Vous savez, l’imaginaire populaire est souvent très fertile. Nous à notre niveau, nous n’avons pas d’éléments scientifiques pour affirmer cela. Nous pensons que ce n’est pas ce qui est important ; le plus important est que chacun évite de se faire contaminer.

Lorsqu’on est contaminé, on peut faire partie des quelques personnes qui meurent. Et nous ne voulons pas perdre un seul Camerounais. Parce que cela constituera une très grande charge émotionnelle et une grande charge sur nos consciences.

Parlons à présent du dispositif de riposte, pensez-vous que le dispositif mis en place au Cameroun peut faire face à cette épidémie ?

Jusque-là, on a fait face. Il y a un dispositif qui n’est pas statique. Il est dynamique. Nous évoluons avec les réponses que nous trouvons sur le terrain. Lorsqu’on a commencé, on n’a pas fermé les frontières, on avait choisi de prendre les températures des passagers qui arrivaient afin de savoir s’ils faisaient la maladie ou pas.

Malgré cela, on a eu des cas. Maintenant, nous sommes arrivés à un stade où on a décidé de fermer les frontières. Nous avons eu des gens qui ont été confinés dans des hôtels, ce n’est pas la sécurité à 100%.

Nous même nous le reconnaissons et nous sommes les premiers qui déplorons certaines conditions dans lesquelles ils vivent. En tout état de cause, nous avons un dispositif, qui peut certes être perfectible. En date du 15 février, nous faisions partie des pays moyennement préparés.

Ensuite, nous sommes passés autour du 9 au 10 mars à pays bien préparé. Bien préparé parce que nous avons détecté des cas. A Yaoundé, il y a des cas que nous avons détectés à l’aéroport de Nsimalen et conduits au centre de traitement.

C’est la preuve que nous sommes préparés. Parce que si vous n’êtes pas préparés, vous ne pouvez pas détecter ce genre de cas. Cependant, il peut être débordé.

Ce n’est pas parce que vous avez une très bonne équipe que vous ne perdrez jamais. Notre objectif est de minimiser au maximum le nombre de transmission.

Certains pensent que ce dispositif a des failles. Partagez-vous cet avis ?

Si! Il peut avoir des failles. Je ne peux pas dire qu’il n’en a pas. D’ailleurs, nous ne parlons pas de failles, nous parlons des limites. Le probtème maintenant est de pouvoir identifier ces limites afin de les corriger et les améliorer. Nous ne prenons pas mal les critiques qui nous sont faites par les uns et les autres.

Il faut simplement qu’ils soient objectifs. Par exemple, il y a beaucoup de choses que les passagers qu’on a confinés nous ont révélées, et qui nous amène à revoir notre processus d’intervention et de réaction.

De quoi vous ont-ils reproché ?

Ils nous ont reproché qu’à l’hôtel Beausejour par exemple, il y avait deux personnes par chambre. Ce que nous même n’avons pas trouvé normal. On déjà transmis l’information à qui de droit afin que rapidement certaines personnes soient relogées ailleurs.

Ce qui est en train d’être fait. Certaines personnes ont commencé à être relogées aujourd’hui (vendredi, 20 mars dernier, ndlr). Même entre nous qui contrôlons tout cela, il nous arrive souvent de nous disputer. L’essentiel pour nous est que les conditions s’améliorent davantage.

Qu’est-ce-que la quarantaine dont on parie beaucoup actuellement ?

La quarantaine, c’est le fait de mettre quelqu’un de côté, isolé afin qu’il ne puisse pas contaminer les autres. A l’époque la quarantaine se faisait en quarante jours. Maintenant, même si on vous met en isolement pendant 10 jours, on parlera toujours de quarantaine.

Les maladies pour lesquelles on a commencé à isoler les gens nécessitaient quarante jours. La quarantaine st donc le fait de mettre hors de portée des autres pour qu’il ne puisse pas les contaminer.

Qui est concerné par cette quarantaine ?

C’est d’abord la personne détectée positive. D’ailleurs, on ne la met en quarantaine, on la met en isolement parce que l’isolement est aussi un centre de traitement.

Si cette personne est détectée positive, on peut aussi mettre son sujet contact étroit en quarantaine. Parce qu’il présente les fortes présomptions de contracter la maladie.

Le ministre de la Santé Publique, le Dr Manaouda Malachie parle de deux cas de personnes guéries. Ces personnes peuvent-elles récontracter la maladie ?

Nous n’avons pas assez de recul par rapport à cela. Il faut avoir beaucoup de recul pour savoir s’ils pourront à nou veau être contaminés ou pas. Cette question plus scientifique à savoir si l’on acquiert l’immunité a la fin de la phase de maladie.

Avec du temps et du recul nécessaire dans 5, 6 mois, on pourra répondre beaucoup mieux

Puisque nous poursuivons la sensibilisation, voulez-vous rappelez les mesures d’hygiène à observer pour empêcher la propagation du Covid 19 ?

Première mesure, se laver les mains régulièrement. Ne vous lassez pas, même s’il faut les laver cent fois par jour. Soyez sûre que ce sont les mains qui vous contamineront.

Ce sont elles qu’on met partout et nulle part. Deuxièmement, lorsqu’on est détecté positif, il faut mettre le masque pour ne pas contaminer notre entourage. Les premières personnes qui seront contaminées sont nos proches. C’est pourquoi, il faut se protéger.

Je voudrais également dire qu’aujourd’hui que ce n’est plus le moment de beaucoup voyager. Chacun doit rester chez soi. Eviter les attroupements.

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