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1793, Robespierre et le peuple debout

Comme aime à le dire l’historien Pierre Serna, directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, 1793, « année exceptionnelle », un numéro spécial bien mérité. Et qui mieux que lui justement pour en être le rédacteur en chef. Pour nous en parlerune année pas comme les autres», Pierre Serna a impliqué 14 historiens et 14 historiennes.

Parmi eux, notre grand ami Claude Mazauric, qui, dans un dialogue stimulant, nous montre comment « 1793 est l’explosion de la créativité et de l’inventivité »et le « l’émancipation des gens de peu, comme on ne l’avait jamais vu ». La Constitution du 24 juin, la Convention, l’invention de la République sociale, la grande peur de l’an II, la guerre et la Terreur, la place des femmes… Rien de ce qui fait 1793 n’est balayé sous le tapis dans ce numéro exceptionnel .

Il s’agit aussi des acteurs de cette année 1793. A commencer par Maximilien de Robespierre lui-même. Un personnage central dont Jean Jaurès écrit : « Je suis avec Robespierre, et c’est à côté de lui que je vais m’asseoir aux Jacobins. Oui, je suis avec lui parce qu’en ce moment il a toute la portée de la Révolution. »

Robespierre, que les thermidoriens anathématisent, associant son image à celle d’une dictature sanguinaire. L’incorruptible est au cœur d’une féroce bataille historiographique et idéologique depuis deux cent trente ans. Fabien Gay, directeur de Humanitérappelle également que « Robespierre est ce révolutionnaire dont aucun bâtiment ou espace public ne porte le nom dans la capitale française, la volonté délibérée de l’État de ne pas lui reconnaître un rôle prééminent dans l’histoire contemporaine et d’ignorer 1793 dans la période révolutionnaire, réduisant cette dernière à la captation de la Bastille dans l’imaginaire collectif ».

1793 ouvre le champ des possibles

La Révolution française, ce n’est pas seulement 1789. Le peuple de 1793 s’immisce dans son destin et, peut-être pour la première fois, prend conscience de sa capacité à influencer les choix et l’avenir. Les femmes et les hommes de l’An I ont acquis une légitimité qu’ils n’entendent céder à personne.

« Les maux de la société ne viennent jamais du peuple »proclamait Robespierre, qui jugeait que « c’est dans la vertu et dans la souveraineté du peuple qu’il faut chercher un préservatif contre les vices et le despotisme du gouvernement ». Mais quand la volonté de ce peuple épouse celle de la Convention, l’impossible se produit. En 1793, rappelle Pierre Serna, « L’histoire tourne autour » .

Malgré les puissances royalistes et aristocratiques unies de toute l’Europe, « la volonté de défendre coûte que coûte la République, la démocratie, le peuple souverain, le bonheur comme idée nouvelle, la Convention comme pouvoir des législateurs d’un monde nouveau l’emportera, contre toute logique. Une leçon…

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